local : MAISON DES SYNDICATS
18 rue de l'Oiselet   -   La Camusière
37550    Saint Avertin
local :  02.47.85.11.15
portable : 07 81 55 42 14

 courriel : sudeduc37@gmail.com

Sélection à l’entrée de l’Université

lundi 15 janvier 2018


  • Le gouvernement vante les mérites de Parcoursup par rapport à APB, sous prétexte que tous les dossiers des candidat-e-s seraient examinés de façon qualitative par les établissements d’enseignement supérieur. C’est faux ! Puisque dans le même temps le gouvernement promet aux universités la mise en place d’algorithmes locaux pour trier automatiquement les dossiers en fonction des notes. Il est en effet impossible de classer autrement en quelques semaines les milliers de dossiers qui parviendront à chaque formation. Parcoursup, ce sont des APB locaux, aux critères opaques, à la place d’APB.
  • Le gouvernement assure aux élèves et à leurs familles qu’il existera des formations non-sélectives sur Parcoursup. C’est faux ! Avec la loi relative « à l’orientation et à la réussite des étudiants » qui accompagne Parcoursup, bien qu’elle ne soit pas encore adoptée par le parlement, les universités pourront sélectionner en priorité les meilleurs élèves, puis refuser les autres candidat-e-s une fois leurs capacités d’accueil atteintes. Parcoursup, c’est APB, avec en plus la sélection à l’entrée de l’université.
  • Le gouvernement défend la définition d’attendus pour chaque filière d’enseignement supérieur, conditions supposément requises pour y réussir, en expliquant que les élèves de terminale pourront faire leurs vœux sur Parcoursup en connaissance de cause. C’est faux ! Face à la résistance d’un nombre croissant d’universités et de composantes qui boycottent la remontée de ces attendus, et que SUD éducation soutient, le gouvernement vient de repousser au 6 mars la date limite pour les publier. Les attendus, s’ils existent, ne seront donc connus des élèves
    qu’une semaine avant la date de clôture des vœux sur Parcoursup, fixée au 13 mars. Parcoursup, c’est APB, la transparence sur les critères d’admission en moins.

Parcoursup est supposé résoudre les difficultés soi-disant techniques d’APB, qui en 2017 avait laissé sans affectation pendant des mois des dizaines de milliers de bachelier-e-s. C’est faux ! En mettant fin à la hiérarchisation des vœux, Parcoursup s’apprête à créer d’interminables listes d’attente, génératrices d’anxiété pour les élèves et leurs familles. Parcoursup, c’est APB, avec davantage de délais et surtout de laissé-e-s pour compte.

Pour SUD éducation, le seul moyen d’accueillir dans de bonnes conditions tous les étudiant-e-s qui souhaitent poursuivre des études supérieures, c’est d’investir massivement dans l’éducation. Nous revendiquons :

  • Le retrait sans conditions du Plan Étudiants et du projet de loi relatif « à l’orientation et à la réussite des étudiants ».
  • Un plan d’urgence pour l’enseignement supérieur et la recherche, financé à hauteur de 3 milliards d’euros par an sur dix ans, permettant la construction d’établissements et l’embauche de 5 000 personnels titulaires par an.

La fédération SUD éducation appelle les salarié-e-s de l’éducation et de l’enseignement supérieur à se réunir, pour construire dans l’unité, avec les étudiant-e-s, les élèves et leurs parents, un mouvement de résistance d’ampleur à l’instauration de la sélection à l’entrée de l’université ; elle appelle les collègues des universités à ne pas appliquer cette sélection.

PDF - 66.1 ko
communiqué-parcoursup

 

PDF - 1.6 Mo
communiqué abandon des évaluations CP

- Chaque lycéen-ne pourra faire jusqu’à dix vœux d’orientation non-hiérarchisés.
Deux semaines seront consacrées au projet d’orientation en Terminale.
Compilés, ces vœux seront ensuite étudiés par le conseil de classe du second trimestre et le/la chef-fe d’établissement rendra un avis sur chacun d’entre eux pour ensuite le transmettre aux établissements de l’enseignement supérieur via une « fiche Avenir ».

- Le nombre de places dans chaque formation sera fixé par le recteur. Le tirage au sort et l’algorithme d’affectation automatique sont supprimés, les dossiers des lycéen-ne-s sont consultés par les équipes pédagogiques des établissements où ils souhaitent étudier.

- Leur sélection se fera sur la base des « attendus » fixés pour chacune des formations avec des critères de type : filière de bac, notes dans certaines matières, cinq derniers bulletins de note, lettre de motivation, notes au bac de français, investissement associatif, ou encore suivi d’un MOOC présentant la filière.

- Dans les formations sélectives (CPGE, DUT, BTS, écoles…) les réponses possibles aux élèves demeurent les mêmes : Oui, Non, En attente (liste d’attente).

- Dans les formations « non-sélectives », les universités vont choisir des élèves qui remplissent ces « attendus ». S’il leur reste des places, elles doivent accepter d’autres élèves, mais en conditionnant leur inscription à l’acceptation d’un parcours pédagogique spécifique, par exemple une année de mise à niveau. L’étudiant-e devra donc faire une espèce « d’année zéro » allongeant la durée de son cursus universitaire.

- Pour les élèves qui n’auront eu aucune place car leurs attendus n’auront pas été jugés bon par les universités demandées, une commission rectorale d’accès au supérieur se réunira chaque semaine pour leur proposer des affectations dès les résultats du bac.

- Les universités pourront proposer aux étudiant-e-s des parcours à la carte via les « contrats de réussite pédagogique » : remise à niveau, cursus pluridisciplinaire, accéléré ou accompagné, de durées variables… le tout supervisé par un « directeur des études » par grand champ disciplinaire qui pourra faire évoluer ce contrat de réussite pédagogique.

Ce plan étudiant est une remise en cause du libre accès à l’enseignement supérieur. Il introduit purement et simplement la sélection à l’entrée à l’université.

Individualiser les parcours c’est établir une concurrence entre les élèves, mettre en place des pré-requis, et donc
accentuer encore la sélection sociale et les inégalités.

Non au tri dès le lycée !

Afin de guider les élèves dans leurs choix d’orientation, le projet de loi prévoit la nomination dès décembre d’un second-e professeur-e principal-e dans chaque classe de Terminale. Leur mission est de conseiller les élèves en matière d’orientation, de choix de filières et de compiler leurs vœux pour étude approfondie lors du conseil de classe du second trimestre.

Une partie du travail d’orientation et de sélection reviendrait aux enseignant-e-s des lycées : accompagnement des élèves dans le choix des filières, avis lors des conseils de classe devenant des conseils d’orientation, etc.

Cela impliquerait encore une surcharge de travail. De plus, alors que les PSY-EN donnent des conseils aux élèves, les enseignant-e-s auraient de fait un poids décisionnel dans l’orientation des élèves. Le rôle des enseignant-e‑s n’est pas de se transformer en auxiliaire de la sélection sociale : nous refusons ce travail de tri !

Les conséquences de cette réforme vont être une accentuation du processus de tri social et l’exclusion des classes populaires de l’enseignement supérieur.

Pour un vrai service public d’orientation

Le conseil et l’accompagnement à l’orientation nécessite des qualifications spécifiques : c’est le rôle des conseiller-e-s
d’orientation (devenu-e-s Psy-EN).
Pourtant aujourd’hui cette mission est de plus en plus deléguée aux enseignant-e-s tandis que les conditions de travail des collègues Psy-EN se dégradent : augmentation des missions, baisse du nombre de postes, regroupement et fermeture des CIO et multiplication du nombre d’établissements couverts par un-e même Psy-EN. D’autre part, le projet de loi prévoit la mise en place d’un tutorat des lycéen-ne-s par… des services civiques !

SUD éducation revendique des moyens pour un service public d’orientation : réouverture des CIO, embauche de personnels titulaires et formés pour assurer ce travail auprès des élèves.

Des universités sous pression

L’annonce d’un investissement d’un milliard d’euros à destination de l’enseignement supérieur et de la recherche est un leurre. Y figurent 450 millions d’euros déjà budgétisés sous forme d’appels à projet : toutes les universités n’en bénéficieront pas, n’y auront droit que celles dont les projets sont en adéquation avec les volontés gouvernementales.

Il reste donc 550 millions d’euros budgétisés sur 5 ans pour accueillir près de 3 millions d’étudiant-e-s d’ici à 2025 !

C’est totalement insuffisant, d’autant qu’aucune garantie n’existe sur les recrutements de personnels titulaires. Bien au contraire, les contrats précaires, contractuels ou vacataires, se multiplient à tous les étages : enseignant‑e‑s, personnels techniques, administratifs et des bibliothèques. Les conditions de travail et d’étude des personnels et des usager-e‑s des universités se sont fortement dégradées ces dernières années.

Ces quinze dernières années, les choix gouvernementaux en matière d’enseignement supérieur et de recherche sont clairs : l’université doit s’adapter au marché.

Les collègues enseignant-e-s/chercheurs-euses à l’université accompliraient le reste du travail de sélection en examinant un nombre de dossiers incalculables (tous les choix non hiérarchisés devant a priori être examinés !).

La réforme du Bac, c’est l’adaptation du Bac à une université sélective

Ce projet de loi s’articule enfin aux annonces faites par Blanquer au sujet du Bac. D’une part, le contrôle continu serait renforcé, le contrôle terminal étant réduit à quatre disciplines.

Or, nous savons très bien avec le précédent des lycées professionnels que cela créerait des bacs « territoriaux », et donnerait donc une valeur différente aux bacs de centre-ville et aux bacs estampillés « ZEP ».

D’autre part, le Bac ne serait plus la conclusion des études secondaires, et ainsi le premier niveau de qualification ouvrant à des droits dans le monde du travail, mais il serait la porte d’entrée vers la sélection dans le supérieur. Un bac modulaire qui ouvrirait les portes de telle ou telle filière en fonction des modules validés.

SUD éducation appelle les personnels à se réunir afin de discuter des modalités d’actions contre ce Plan étudiant qui constitue un recul sans précédents du droit aux études supérieures.

Documents joints

Réforme du bac et sélection à l'université
Réforme du bac et sélection à l’université
Le tri social en marche !

Défense de la liberté syndicale, soutien à Sud Éducation 93

fondation-copernic-la-grece-n-a-pas-a-se-plier-a-l-austerite_5397706-xlLe ministre de l’Éducation Nationale a annoncé à l’Assemblée
nationale le 20 novembre dernier qu’il portait plainte pour diffamation contre le syndicat SUD-Éducation 93. L’objet de la plainte est précisé sur le site officiel de l’Éducation nationale :

« Le ministre de l’Éducation nationale a pris connaissance d’un stage organisé par SUD-93 ouvert aux professeurs et intitulé : « Au croisement des oppressions : où en est-on de l’antiracisme à l’école ? ». Rien n’est plus contraire à la République, à l’Éducation nationale et à ceux qui la servent que les approches de ce type. Le ministre condamne avec la plus grande fermeté ces pratiques qui sont contraires à la Constitution, portent atteinte à la cohésion nationale et mettent gravement en cause l’institution
scolaire ».

Si cette plainte, qui n’est pas autre chose qu’une mesure d’intimidation, se confirme, il s’agit là d’un précédent calamiteux non seulement pour la liberté syndicale mais aussi pour la liberté de la recherche en France.

Rappelons en effet qu’un syndicat est libre du choix de ses thématiques de stages de formation, de ses intervenant.e.s et de l’organisation de ses journées. C’est aux adhérent.e.s et aux structures syndicales démocratiquement élues de se prononcer sur l’opportunité ou non de telle ou telle formation, et de ses modalités. Rappelons ensuite que les recherches portant sur les discriminations raciales à l’école sont l’un des axes les plus travaillés de la sociologie de l’éducation et que l’on peut se féliciter que ces recherches servent ensuite la lutte salutaire contre les discriminations scolaires.

SUD-Education93 a choisi pour ce faire des ateliers ponctuels en non mixité comme espaces de libération de la parole, un dispositif bien connu du militantisme anti-oppression (féministe par exemple) depuis très longtemps. Mais toutes les autres sessions se déroulent en plénière et le stage est naturellement proposé à tous les personnels d’éducation.

Cette plainte, étayée par des arguments inacceptables, porte donc atteinte au droit syndical de façon inédite, nous la condamnons fermement, apportons notre soutien à SUD-Education 93 et alertons sur cette atteinte supplémentaire au respect des libertés publiques.

Par le bureau de la Fondation Copernic

PDF - 89.6 ko
Racisme d’État, personnes racisées, non-mixité, discriminations : mise au point
PDF - 542.5 ko
Communiqué de solidarité CGT educ action 93

Loi travail 2... Ordonnances ou pas... ON N’EN VEUT PAS !!!

ICI : Loi travail 2 : Infos & actus de Solidaires