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Publié : 6 juin 2013
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PROMOUVOIR L’ESPRIT D’ENTREPRISE ...

 PROMOUVOIR L’ESPRIT D’ENTREPRISE , EST-CE LE RÔLE DE L’ÉCOLE ?

« Stimuler l’esprit d’entreprise dans notre pays, c’est
d’abord le rôle de l’école ». « Il sera prévu de
la sixième à la terminale un programme sur l’entrepreneuriat ».
Voilà ce qu’a déclaré François Hollande à l’Elysée lundi 29
avril 2013 devant un parterre de patrons, qui s’est levé pour
l’acclamer
à l’issue de son allocution de clôture des Assises
de l’Entrepreneuriat.


 Un discours entrepreneurial

« Stimuler l’esprit d’entreprise dans notre pays, c’est
d’abord le rôle de l’école ». « Il sera prévu de
la sixième à la terminale un programme sur l’entrepreneuriat ».
Voilà ce qu’a déclaré François Hollande à l’Elysée lundi 29
avril 2013 devant un parterre de patrons, qui s’est levé pour
l’acclamer à l’issue de son allocution de clôture des Assises
de l’Entrepreneuriat.

Dès son discours de la Sorbonne le 9 octobre 2012 pour la remise
du rapport de la pseudo-concertation, le chef de l’État clamait
que l’école de son quinquennat serait celle du redressement
économique, reprenant ainsi à son compte le crédo néo-libéral de
ses prédécesseurs, qui n’ont eu de cesse de chercher à soumettre
l’école au monde de l’entreprise.

Vincent Peillon ne disait pas autre chose dans son entretien aux
Echos le 3 octobre 2012 : « Il faut faire découvrir
l’entreprise et les métiers dès la sixième et cela jusqu’à
l’université. » « Je veux que l’on puisse ajuster
les préoccupations des entreprises et les nôtres pour donner la
meilleure formation possible et la plus utile aux jeunes. L’éducation
nationale est capable de changer le contenu de ses diplômes et de
ses formations pour répondre rapidement aux besoins de l’économie
et des entreprises ; elle est mobile. La co-éducation, c’est
aussi cela. »

 Une politique patronale

Il ne s’agit pas uniquement de discours. La politique éducative
du gouvernement s’inscrit pleinement dans cette orientation
idéologique : alignement de la carte de formation
professionnelle sur les besoins conjoncturels des « bassins
d’emploi » via la régionalisation, refus de modifier
l’alternance des rythmes entre vacances et périodes travaillées
des différentes zones pour ne pas chagriner le lobby des sports
d’hiver, mise à disposition des établissements pour des
entreprises privées, contact précoce des élèves avec « l’esprit
d’entreprise » et la notion de compétitivité…

Le tout s’inscrit dans le développement de l’école des
compétences, qui assigne au système éducatif l’objectif de
former des travailleurs/euses flexibles, adaptables, traçables,
individualisés, en concurrence les un-e-s avec les autres, sans
organisation ni protection collective. C’est le sens du Livret
Personnel de Compétences, qui tend à remplacer les diplômes
nationaux, reconnus dans des conventions collectives, par le contrôle
continu, ce qui en fait un livret ouvrier des temps modernes.

Vincent Peillon a confirmé le 22 avril l’instauration d’un
« enseignement moral et civique » d’une heure par
semaine en primaire et au collège et d’une demi-heure au lycée.
Il se voulait rassurant en affirmant qu’il ne s’agirait pas
d’« une morale d’État ». Ce qu’il n’avait pas
dit alors, c’est que ce serait une morale d’entreprise…

Les valeurs portées par SUD Éducation sont à l’opposé de
celles de l’école capitaliste, où le culte des évalua-tions, les
indicateurs, les contrats d’objectif, le management, le mérite et
l’individualisme priment sur l’éducatif et l’émancipation.
Nous estimons bien au contraire qu’il faut promouvoir les pratiques
et valeurs coopératives d’entraide, entre collègues et entre
élèves, pour construire une autre école dans une autre société,
égalitaire et émancipatrice.


Nous refusons et refuserons toujours de traiter
les élèves et les étudiant-es comme de la chair à patron.


Pour SUD Éducation, résolument,
l’École n’est pas une entreprise, l’Éducation n’est pas une
marchandise !