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Publié : 6 juin 2013
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RÉNOVATION DU COLLÈGE : ÇA S’ANNONCE MAL ...

Rénovation du collège : ça s’annonce mal pour le service public et les statuts du 2nd degré

 Après
une 1ère séance consacrée au « diagnostic », le 18
avril s’est tenue une 2ème réunion sur la rénovation du collège
entre la direction générale des affaires scolaires (Dgesco) du
ministère de l’éducation nationale et les organisations
syndicales
 Le
ministère n’a pas encore communiqué ses projets précis, mais il
en a indiqué certains axes

 Ils
sont inquiétants pour le service public, mais aussi pour les statuts
des enseignant-e-s du secondaire, qui seront clairement sur la
sellette au 2nd semestre 2013

Une réforme dans la « refondation »

La rénovation du collège qui est en chantier s’inscrit dans le
cadre de la loi d’orientation en cours d’adoption au parlement.
La réforme s’inscrit donc dans le cadre d’une programmation
budgétaire insuffisante et d’orientations fondamentales que nous
combattons : le socle commun et la logique des compétences,
ainsi que l’« autonomie » des établissements, qui
devrait être renforcée pour le collège sur le modèle de ce qui a
été fait par la droite pour les lycées. Les préalables
indispensables pour la nécessaire réorientation radicale des
politiques scolaires ne sont donc pas là : ni sur les postes,
ni sur le temps et les conditions de travail des personnels, ni sur
le projet d’école.

Marche à l’envers et saucissonnage

On nous annonce que le nouveau socle commun n’aura rien à voir
avec l’ancien, que le Livret Personnel de Compétences sera
profondément revu, et que les programmes seront repensés en
cohérence avec ledit socle. Toutes ces redéfinitions seront l’œuvre
du Conseil National des Programmes, qui commencera à travailler…
l’an prochain. Ainsi, non seulement le travail sur la refonte du
collège est séparé de celui qui a eu lieu sur le primaire et de
celui qui aura lieu sur le lycée, alors qu’il faudrait penser
l’ensemble de la scolarité pour articuler ses différents moments,
mais en plus on est appelé à discuter des structures du collège,
des modalités de l’enseignement et des rythmes scolaires sans
savoir ce que le collège est censé enseigner et quelles sont
précisément les finalités de l’école !

Le projet : tripartition du temps scolaire

Le ministère a dévoilé un axe essentiel de son projet, la
séparation du temps des élèves du collège en trois : 1. Un
tronc commun 2. Des enseignements complémentaires différenciés 3.
Des activités de renforcement (soutien, tutorat, aide
personnalisée…)

Le collège unique, proclamé mais bafoué

Le ministère affirme qu’il n’est pas question de mettre en
cause le collège unique et qu’il refuse toute orientation ou
pré-orientation précoce. Cependant, l’introduction de
différenciations est notoirement le biais par lequel se
réintroduisent des hiérarchisations entre options et parcours, qui
favorisent la reproduction des inégalités sociales et culturelles.
Un tronc commun, cela veut dire des branches distinctes : il est
où, le collège unique ? On est bien loin du projet que nous
portons : celui d’une scolarité obligatoire commune jusqu’à
18 ans avec une formation polyvalente et polyculturelle pour toutes
et tous.

Étendre ce qui ne marche pas

L’extériorisation hors de la classe du traitement de la
difficulté scolaire a été mise en œuvre au primaire et au lycée
avec l’aide personnalisée. Dans les deux cas, c’est un échec.
Son extension au collège témoigne du renoncement à la création
des conditions pour que les difficultés des élèves soient traitées
au sein de classe, ce qui passe d’abord par des réductions des
effectifs-classes et des groupes réduits, et donc une programmation
budgétaire à la hauteur des besoins. On en est loin.

Les statuts dans la ligne de mire

Le ministère l’annonce clairement : les décrets de 1950,
qui fixent les obligations de service des enseignant-e-s du 2nd
degré, seront revus à l’automne/hiver 2013. La tripartition du
temps des élèves est un instrument de cette casse programmée des
statuts : elle sera l’occasion de revoir à la hausse les
maxima de service, sous prétexte par exemple qu’une heure
« d’encadrement » d’activités de renforcement ne
pourrait être comptée comme une heure de classe…

La fédération SUD éducation alerte les personnels sur
les dangers des projets de réforme du collège et des statuts. Il
faut se préparer à la mobilisation pour refuser les attaques
annoncées et imposer des alternatives pour les élèves, les
personnels, et le service public, pour une école égalitaire et
émancipatrice.