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Publié : 6 juin 2013
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DÉCENTRALISATION, UN MYTHE ?

Décentralisation : le mythe de la proximité au service du capitalisme

Les lieux communs ont souvent la
vie dure
et ceux qui ont trait à la décentralisation n’y font pas
exception. Ainsi depuis longtemps une lecture bourgeoise de
l’histoire de France a consisté à mettre en scène de braves
girondins favorables au pouvoir local versus des jacobins coupeurs de
têtes et farouches centralisateurs. De nos jours ce sont les médias
qui relaient ces caricatures avec emphase et sans équivoque. La
décentralisation serait une vertu, un remède à tous nos maux et
pourtant à y regarder de plus près l’antidote pourrait laisser un
arrière-goût amer.

En effet l’histoire récente nous
montre à quel point ce processus a été efficace dès lors qu’il
a fallu démanteler l’État et les services publics.

C’est en s’appuyant sur ce
principe que Thatcher
et Reagan vont lancer leur politique
ultra-libérale des années 80, désengageant les pouvoirs publics de
nombres de collectivités locales.

Ces entités, privées de fonds,
ont dû ou bien mettre la clé sous la porte ou bien faire appel à
des créanciers privés qui ont tôt fait de mettre la main sur des
pans entiers de l’économie autrefois dans le giron de l’État.
L’exemple du rail anglais ou des écoles privées américaines en
est une illustration avec le triste constat que les profits à tirer
de ces activités sont rarement en adéquation avec l’intérêt des
travailleurs et des usagers de tous ces secteurs ainsi livrés aux
marchés. La France n’est pas restée à l’écart de ce phénomène
qui a commencé dès 1982-83 sous l’impulsion de Gaston Deferre
alors ministre l’intérieur de François Mitterrand. L’Éducation
n’est pas non plus protégée de ces attaques.

Ainsi le mouvement social de 2003
ouvert sur deux fronts, celui des retraites et celui de la
décentralisation, s’est-il conclut par le transfert des 90 000
personnels ouvriers des collèges et lycées aux régions ou aux
départements.
L’agressivité du gouvernement Raffarin clairement
affidé à l’ultra-libéralisme a eu raison de la mobilisation et
du manque de clairvoyance de certaines organisations syndicales.

L’État, les collectivités et
les syndicats présents dans ce champ professionnel ont fait miroiter
des primes qui ont fait long feu ou qui se sont retournées contre
les personnels.
Par ailleurs les conditions de travail se sont
fortement dégradées : plus d’équipes mobiles de
remplacements, des personnels d’accueil obligés d’assurer le
service de restauration quand celui-ci, trop coûteux, n’a pas été
liquidé et remplacé par une officine privée .

Et que dire encore de l’emploi
massif de travailleurs précaires.
Nous avons donc toutes les
craintes à nourrir quand les gouvernements de tous bords avec la
complicité de certains syndicats veulent livrer le service
d’orientation au pouvoir local. Ces mêmes craintes sont fondées
quand se mettent en place les Projets éducatifs territoriaux en
corollaire de la réforme des rythmes scolaires dans le premier
degré.

En effet les collectivités locales
sont exsangues comme en témoigne la banqueroute de certaines maisons
départementales du handicap.

Alors faire croire que toutes ces
réformes visent au bien être de la population et avant même celui
des travailleurs est une pure escroquerie.