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Publié : 3 février 2015
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CTSD 2/02/2015 - DÉCLARATION LIMINAIRE

M. le DA,

A la suite des dramatiques événements du début du mois de Janvier, M. le Président de la République, Me la Ministre, les médias également aussi, ont fait de l’Ecole un des bras armé de la République contre les obscurantismes qui parcourent notre société. Le gouvernement a annoncé depuis toute une série de mesures, on n’ose dire réformes, pour rendre cette réalité encore plus exécutoire. Les différents débats qui aujourd’hui ont lieu dans les médias, comme dans les salles des professeurs, témoignent de toute la complexité du sujet et plus encore celle des solutions à apporter.

Mais, M. le Directeur Académique, à la lecture des chiffres que vous nous donnez aujourd’hui, on ne peut que constater l’incongruité, si ce n’est l’hypocrisie, de tous ces discours officiels.

En effet la situation dans les collèges de l’Indre-et-Loire, à bien des égards, va continuer à se dégrader, malgré une baisse annoncée des effectifs d’élèves. Ainsi :

- le H/E baisse encore, et cela s’inscrit dans une progression qui n’a jamais été remise en cause. Baisse déjà en 2013, puis en 2014 (malgré un augmentation annoncée des moyens), baisse encore annoncée pour la rentrée 2015.

- si le nombre d’élèves annoncés baisse (-165), le nombre de divisions baisse proportionnellement encore plus vite (-12). Traduit en heures d’enseignement cela fait 716 h (459 + 257 IMP) qui disparaissent par rapport à 2014/2015, soit l’équivalent de 40 postes.

Ce constat a une conséquence très simple, toujours la même d’ailleurs : une augmentation du nombre d’élèves par classe avec respectivement des seuils d’ouverture qui vont de 26 à 31 élèves par classe selon la catégorie de l’établissement.
Comment peut-on préparer à l’acquisition de capacités et de culture, sinon encore à la préparation du Brevet, avec 29, 30 ou 31 élèves par classe, à un âge où ces élèves demandent une attention particulière ?

Dans ce contexte, finalement, on ne peut même pas se réjouir de la baisse du nombre d’heures supplémentaires (- 340 HSA). Dans plusieurs établissements, selon nos remontées, les structures font peser sur un grand nombre de collègues trop d’heures supplémentaires. Elles semblent dégager même des compléments de service donnés dans des matières où il existe encore un nombre non négligeable d’heures supplémentaires, situation sur laquelle le ministère avait dit retenir la proposition des syndicats, à savoir interdire la possibilité de compléments de service dans un autre établissement.

On peut s’étonner aussi qu’un certain nombre de chefs d’établissement annoncent déjà le recrutement de contractuels pour effectuer certains services.

Enfin, monsieur le DA, vous indiquez dans votre lettre de préparation de rentrée un certain nombre de points qui nous interpellent :

-1/ l’orientation inclusive en 6e SGPA. Si on peut comprendre l’intérêt pédagogique et éducatif d’une telle initiative, dans les faits, cela contribue à augmenter les effectifs des classes de 6e sans moyen supplémentaire et cela pose le problème de la comptabilisation des élèves dans les structures. Sans compter une question d’ordre plus pédagogique : comment un élève de niveau CE2, et souvent bien plus faible vous le savez, peut-il s’inscrire dans un classe de 6e ? La situation est encore plus inquiétante lorsque l’on sait que les SEGPA accueillent aujourd’hui faute de place des élèves orientés en ULIS.

-2/ vous soulignez l’importance de l’accueil des enfants de familles itinérantes, ce qui ne manque pas de saveur alors qu’à ce jour on emploie un certain nombre de personnels dédiés à des charges de remplacement.

- 3/ vous souhaitez encore le développement d’équipes pédagogiques de réseau entre plusieurs établissements (extension à Chateau-lavalière et Savigné-sur-Lathan). Cela permet clairement de nommer potentiellement des enseignants sur trois établissements et n’améliore en rien les conditions de travail de ces derniers.

- 4/ enfin, nous aimerions savoir ce qu’il en est quant aux heures d’accompagnement éducatif.

Face à une réalité qui est bien loin du discours qu’on nous tient, nous appelons tous les collègues, dans chaque établissement, à dénoncer la situation, à montrer l’aberration des dotations horaires, à montrer que les conditions d’apprentissage se dégradent et à refuser les HSA et tous les dispositifs annexes qu’on leur impose.