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Publié : 16 octobre 2004
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Comment ça marche...

 La Répartition

Pour que le système par répartition fonctionne, il faut que, pour une période donnée, les cotisations payées par les actifs soient égales aux retraites perçues par les retraités. Les cotisations -salariales et patronales- étant calculées sur les salaires bruts, l’intérêt des retraités est de voir progresser la masse salariale, c’est-à-dire que les actifs obtiennent des salaires élevés et qu’il n’y ait pas de chômage. Intérêt qui rejoint celui des salariés : être nombreux à cotiser (pas de chômage) et supporter des cotisations de taux réduit. La logique de la répartition repose donc sur la recherche du plein-emploi et sur une masse salariale en croissance.

Le système de la répartition permet d’appliquer des choix politiques décidés démocratiquement après débat public : si, pendant une période donnée, un déséquilibre existe, il est possible de débattre de la situation et de décider éventuellement de modifier la date du départ en retraite, ou le taux des cotisations, etc. Ainsi les salariés et les retraités, comme citoyens, conservent un pouvoir d’intervention sur leur niveau de revenu.

Quand le gouvernement nous dit qu’il veut sauvegarder le régime par répartition, c’est qu’il a compris que la très grande majorité de la population y est fortement attachée. Son objectif, comme celui des assureurs et des marchés financiers, reste cependant d’amener une partie des fonds qui paie les retraités vers la capitalisation, mais sans le dire ouvertement. En proposant de repousser l’âge de départ en retraite (42 annuités au lieu de 40 dans le privé, 40 annuités au lieu de 37,5 dans le public), gouvernement et patronat savent qu’un certain nombre de salariés n’atteindront les 42 annuités et le taux plein qu’au-delà de 65 ans (compte tenu de la durée des études et de l’âge d’entrée dans la "vie active"). Certains seront conduits à partir avant, sans avoir une retraite à taux plein... et ceux qui le pourront se "paieront" un complément par capitalisation. Alors une 1ère étape aura été franchie par ceux qui veulent voir disparaître le système par répartition.

 La Capitalisation

Les retraites par capitalisation c’est un système où de l’épargne est soustraite des revenus d’activité pour être placée et pour procurer des rendements financiers au moment de la retraite. Il y a un lien direct entre l’épargne de chaque personne pendant sa période d’activité et la rente/pension qu’elle perçoit pendant sa retraite. Une personne qui épargne en 2003 accumule des potentialités de rente pour sa future retraite, en 2020 par exemple. Mais la retraite/rente qui lui sera versée en 2020 dépendra uniquement de la rentabilité de l’épargne/capital mesurée en 2020. Pour que le système par capitalisation fonctionne, il faut que, pour une période donnée : rente/rémunération du capital accumulé = retraites perçues par les retraités. L’équilibre à rechercher est : capital accumulé x rendement du capital = retraites perçues par les retraités.

Avec le système de la capitalisation, l’intérêt des "actifs" qui veulent épargner est de disposer de revenus élevés sur lesquels ils pourront soustraire des sommes de leur consommation. Cet intérêt rentre en contradiction avec celui des retraités/rentiers qui est d’obtenir la meilleure rémunération immédiate de leur capital, ce qui se fait souvent par une réduction de la masse salariale (licenciements, blocage des salaires). La logique globale de la capitalisation tient dans un accroissement continu du capital et dans une progression de son rendement. C’est un système qui joue contre la consommation et contre l’emploi. Avec la capitalisation, le niveau des rentes/retraites dépend de décisions prises par les conseils d’administration des entreprises (quels investissements ? etc.), des banques, des fonds de pension, des "marchés financiers", des spéculateurs, etc. Pour participer aux choix, il ne faut pas être citoyen mais être membre des conseils d’administration. C’est une démocratie censitaire où n’intervient qu’une petite minorité : celle qui a le pouvoir financier.

Voir en ligne : http://www.sudeducation.org/Comment...