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Par : D.R.
Publié : 22 novembre 2014
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Ca va pas voter...

Ca va pas voter...

* Elections pro : phoning syndical en perspective

A moins de huit jours des élections tout le monde s’inquiète un peu : moins de 30 % des personnels de l’EN ont activé leur compte électeur, beaucoup n’ont pas pris la peine de retirer leur mot de passe pour voter, la plupart râle face à la campagne électorale qui noie les boites pro (c’est bien fait, fallait pas accepter d’en avoir...) ...

On ne peut pas dire que la dématérialisation de opérations de vote soit une franche réussite (ce qui avait déjà été dit après les dernières élections en 2011, mais le ministère s’est entêté).
Bref,
il n’y a bien que les représentants de la CFDT qui trouvent (au dernier CTM) que l’organisation de ces élections est « une réussite » et que la tendance est « encourageante » (allez comprendre).

Les « gros » syndicats entrent dans la dernière phase de la campagne

Ce n’est pas leur faute, c’est le ministère qui leur donne un outil en or, chaque soir du jour du scrutin : la liste des votants ET de ceux qui n’ont pas encore voté. Voilà de quoi croiser utilement les fichiers d’adhérents (ou d’anciens adhérents, encore mieux) avec ceux des votants...
Bel outil pour
rappeler à l’ordre et mieux faire voter ceux qui ne l’auraient pas encore fait. On ne va pas voter à leur place, mais pas loin.
Quoique, en effet, cela c’est vu en 2011 (aux dernières élections pro), certains syndicats ont publiquement proposé aux enseignants de leur envoyer codes et mots de passe individuels pour faciliter le scrutin.

Ainsi certaines centrales qui ont les moyens se préparent à passer une semaine l’oreille collée au téléphone.
Comparaison des fichiers, « séances de Phoning », permanence et bureaux de vote dans les locaux syndicaux, inspection des bahuts notamment le 4 décembre...

Décidément ces élections ne cessent de surprendre.


* Les équipes mobiles de sécurité du rectorat de Poitiers sont des lumières.

Il s’agit en effet d’anciens gendarmes qui travaillent désormais pour les recteurs, dans le but d’assurer la sécurité des établissement. A Poitiers, sur commande du recteur (on voit pas bien qui d’autre aurait pu le demander) celles-ci ont réalisé un document pour « prévenir la radicalisation » religieuse de jeunes.

C’est médiapart qui le sort aujourd’hui et montre combien celui-ci est bourré de clichés et préjugés en ciblant la religion musulmane. Le ministère admet un certain embarras

Si aucune définition ne vient préciser de quelle « radicalisation » on parle, c’est pourtant exclusivement de l’extrémisme musulman qu’il est question tout au long du document. À croire qu’il n’y a pas de radicaux catholiques, juifs ou autres… Et que la radicalisation politique, à l’extrême droite, par exemple, n’intéresse pas l’Éducation nationale.

En tête de ces « signes extérieurs individuels », la « barbe longue non taillée (moustache rasée) » doit mettre la puce à l’oreille, tout comme les « cheveux rasés » et « l’habillement musulman ». Les « jambes couvertes jusqu’à la cheville », le « refus du tatouage » viennent ensuite, juste avant le « cal sur le front » (qui apparaît après des années de pratique assidue chez les musulmans très religieux) ou la « perte de poids liée à des jeûnes fréquents » – à ne pas confondre, la tâche est ardue, avec l’anorexie adolescente...

Le document propose aussi dans la foulée une typologie de la psychologie de ces individus en cours de « basculement ». On trouve ainsi le type « Lancelot » qui « recherche » le « sacrifice », le type « Mère Térésa : départ pour des raisons humanitaires ». Au vu du contexte, on imagine qu’il s’agit des départs vers la Syrie ou l’Irak mais rien ne vient le préciser tant tout dans ce document est frappé au coin du bon sens et du sous-entendu.
Le type « 
porteur d’eau » relève, note doctement le document, de « la recherche d’appartenance à un groupe » – malheureusement très fréquent chez les adolescents, ce qui peut prêter à confusion –, quand le type « GI » s’apparente plus à la « recherche de l’affrontement et du combat » et semble donc assez proche du type « Zeus » qui est une « volonté de puissance »...

C’est ici.


* Le Grand Marché Scolaire : toujours plus loin dans la consommation/marchandisation :

Letudiant.fr. -Udemy ou le supermarché du e-learning

Avec une approche marketing très poussée, la plateforme Udemy applique les codes du e-commerce au marché de l’éducation... et fait de tout un chacun un enseignant en puissance.
"Never stop learning". Le slogan de Udemy sert également de code d’accès au wifi du vaste open space de la start-up au cœur de San Francisco (États-Unis). L’entreprise de la Silicon Valley a grossi comme un champignon. Elle propose aujourd’hui plus de 20.000 cours en ligne qui rassemblent 4 millions d’étudiants dans près de 200 pays.
"Meilleure vente", "promotions", "historique d’achat"...
Udemy a pris tout le vocabulaire du e-commerce pour devenir un Amazon de l’éducation. Un concept qui attire les investisseurs. La start-up de la Silicon Valley emploie 100 salariés et a réussi à lever dernièrement 48 millions de dollars. Un record dans le secteur des EdTech, même aux États-Unis.


* La télé comme fléau éducatif, à forte toxicité.

Comment la télévision aliène l’esprit et en particulier des enfants ?

L’excellent journal L’âge de faire, publie ce mois-ci une synthèse sur la question et explique comment la télévision conduit à des troubles de l’attention, à la destruction des processus d’apprentissage et de mémorisation. Et pas qu’un peu ! 15 ans d’études (au moins) selon M. Desmurget qui tente de faire le point dans TV Lobotomie (ed. Max Milo).

Bref la télé ne rend pas crétin, c’est pire, elle