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Publié : 11 novembre 2004
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Proposition d’une plate-forme revendicative pour les doctorants

Ce document fait le point sur les conditions de travail, dans le monde de
la recherche en France, des doctorants et des post-doctorants. Après un rapide
état des lieux, il élabore un ensemble de propositions de revendications pour
améliorer la situation des personnes en question. Libre ensuite à chaque structure
de débattre et de choisir leurs propres plate-formes revendicatives....

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1 Préambule

A terme, Sud Education souhaiterait voir apparaître la notion de salaire social, salaire minimum garanti à tout citoyen à partir d’un certain âge (Cf vote n° 20 du Congrès de Lorient de Sud Education, nov 2003). Nous nous plaçons ici dans
l’hypothèse où ce terme ne pourrait être rapidement atteint, c’est pourquoi les propositions de revendications ne tiendront pas compte de l’existence de cette
garantie.

2 Etat des lieux

2.1 Définition de la population

Commençons par définir ce dont nous allons traiter, ce qui n’est pas la tâche la plus facile. Notre objectif est de considérer la population qui englobe grossomodo
les étudiant-e-s inscrit-e-s en doctorat (appelés les “doctorant-e-s”), et les docteur-e-s qui cherchent un emploi pérenne dans la recherche, et qui pour cela sont sur des contrats de recherche à durée déterminée (appelés les “postdoctorant-e-s”).

Nous attribuerons arbitrairement le terme d’“étudiant-e-s -chercheur-se-s” (abrégé en Et.Ch. dans la suite) à cette population, dont les frontières ne sont pas
très faciles à dessiner. Les étudiant-e-s en DEA [DEA]
(ou M2-recherche [M1-M2]) sont aussi, pour nombre de disciplines, en situation de faire (“déjà”) de la recherche (et même en Maîtrise (M1 [M1-M2]), dans certaines situations !). D’autre part, certain-e-s post-doctorant-e-s ne se distinguent pas des MCF [MCF] ou CR [CR] dans leur travail, si ce n’est par le contrat qui les lie à l’employeur... Il nous semble qu’un bon
indicateur pour définir un-e Et.Ch. est son “autonomie partielle” : un-e Et.Ch. a besoin d’un encadrement pour mener personnellement à bien une recherche.

2.2 Situation actuelle

Notons tout d’abord que la population des Et.Ch. est évaluée à environ 70.000 personnes (à comparer par exemple avec le nombre de chercheur-se-s et d’enseignant-e-s-chercheur-se-s statutaires dans le public : environ 80.000). Il existe
en outre une multitude de statuts différents (y compris l’absence de statut, très courante !), couvrant cette population, tant pour les doctorant-e-s que pour
les post-doctorant-e-s. Le principal point commun dans cette disparité (et qui pourrait constituer aussi une caractérisation, si ce n’est une définition), est la
situation de PRECARITE, plus ou moins exacerbée, dans laquelle ils et elles se trouvent.

Selon les derniers chiffres officiels disponibles (2001), sur les 16500 nouvelles-aux doctorant-e-s par an, seul-e-s environ 8200 sont spécifiquement financé-e-s, 2300 sont salarié-e-s (des agrégé-e-s du secondaire aux serveur-se-s chez McDo), les autres n’ont aucun revenu (soit près de 40%) ! Le taux de financé-e-s croit logiquement lors de la soutenance (plus de 70%...). D’autre part, une partie des financements est constituée par des “bourses”, qui outre leur faible montant, n’ouvrent en général pas de droits à la retraite, au chômage, à la sécu, etc, et ces financements doivent souvent être renégociés tous les ans.

Le financement de thèse le plus “intéressant” (sauf pour des populations “privilégées”, comme les ingénieur-e-s ou les normalien-ne-s) est l’allocation ministérielle (considérée juridiquement comme un contrat de travail), financée par
l’état [1]. Le flux actuel est de 4000 par an, son montant étant de 1.03 SMIC [2] (1.35 en 1990). Le moyen commun d’arrondir les fins de mois est de faire de
l’enseignement, soit pour les plus chanceux par le monitorat (env 2500 par an en moyenne), soit par des vac