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Publié : 25 mai 2014
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La misère de l’école : tout sauf une fatalité

Le mercredi 4 juin prochain, la section SEL-Setca (FGTB) du Centre scolaire Sainte Julienne de Fléron organise une conférence-débat qui touche de très près au financement de l’enseignement comme des autres services publics :

Notre dette publique : un autre regard !
Arrêter de payer la dette pour refinancer les services publics, dont l’enseignement : utopie ou alternative réaliste ?

L’Aped se fait un plaisir de vous y convier chaleureusement !

Rendez-vous à 19h30 à la salle de la Gare de Retinne, rue Laurent Gilys 14 (4621 Retinne – Fléron)

L’intitulé de cette conférence-débat est on ne peut plus explicite. En guise d’apéritif, voici la note de lecture que nous avions publiée lors de la sortie du livre d’Olivier Bonfond.

Un grand bol d’air frais, en ces temps où l’on étouffe dans la moiteur d’un « pragmatisme » budgétaire que rien ne justifie ! Voilà ce qu’est le livre d’Olivier Bonfond, en plus d’être un magistral outil de vulgarisation.

Ça fait maintenant plus de trente ans que ça dure. Nous demandons les moyens nécessaires pour une Ecole démocratique ? On nous répond invariablement : « Pas possible : austérité budgétaire ». Une réduction de la taille des classes, surtout dans le fondamental ? « Pas possible : austérité budgétaire ». Une vraie gratuité de la scolarité obligatoire ? « Pas possible : austérité budgétaire ». Tout de suite de nouvelles écoles en région bruxelloise pour répondre au défi démographique ? « Pas possible : austérité budgétaire ». Du personnel enseignant pour des remédiations gratuites dans les écoles ? « Pas possible : austérité budgétaire ». Une réforme ambitieuse de la formation initiale des enseignants ? « Pas possible : austérité budgétaire ». Et ainsi de suite. Ad nauseam… La Belgique, nous dit-on, doit honorer le remboursement de sa dette publique. Nous devons faire aujourd’hui les sacrifices (« douloureux certes ») qui nous promettent des jours meilleurs… toujours reportés aux calendes grecques. L’Ecole n’est évidemment pas la seule à souffrir de la « crise ». Tous les services publics sont logés à la même enseigne, tous les travailleurs, tous les allocataires sociaux, et que dire de notre environnement… Et si la question était d’abord, pour nous progressistes, de reconquérir les moyens de nos ambitions démocratiques ? Et-si-on-ar-rê-tait-de-pay-er ?

 Une dette illégitime

"Les dettes qui ont été contractées par un gouvernement, dans un cadre démocratique et pour servir l’intérêt général, peuvent être considérées comme légitimes et doivent être remboursées normalement, pour autant que leur remboursement n’implique pas la dégradation des conditions de vie des populations. Mais lorsqu’une dette est le résultat soit d’une socialisation de dettes de la finance privée qui a pratiqué des politiques de spéculation, soit d’énormes cadeaux fiscaux non justifiés et inefficaces, elle doit être considérée comme illégitime et ne devrait pas être mise à la charge des peuples." Pour Olivier Bonfond, c’est limpide : la dette publique belge est illégitime. Il convient de déconstruire le discours dominant, soumis aux diktats des créanciers, d’affirmer que les pouvoirs publics ont le choix, qu’ils disposent des leviers nécessaires pour changer de cap et qu’un autre monde est possible.

Dans une forme très lisible, en 10 questions/réponses, entrecoupées de nombreux intertitres, d’encadrés donnant des exemples concrets, de graphiques éclairants et de synthèses intermédiaires, l’auteur retrace l’histoire de la dette publique belge. Depuis ses origines, elle sert les intérêts des créanciers, elle n’a jamais été la conséquence de largesses inconsidérées envers la population. Son impact sur le budget de l’Etat est considérable et ses conséquences mortifères. Et il n’est pas forcément exclu que la Belgique suive un jour les traces de la Grèce. L’histoire de la dette du tiers monde devrait nous inspirer la plus grande méfiance.

 Tout sauf une fatalité

Pourtant, contrairement à la rengaine déversée par nos dirigeants et les économistes de révérence dans les médias dominants, un pays peut refuser de payer sa dette. Invoquer l’état de nécessité (humanitaire, sociale, environnementale…), le déni de démocratie, autant d’arguments fondés sur le plan juridique. La Belgique ne serait pas le premier pays à le faire. Sans basculer pour autant dans le chaos. Bien au contraire, peut-être. Ainsi, l’exemple d’un « petit pays », l’Equateur, pourrait nous inspirer : suspendant en 2008 le paiement de la partie de sa dette considérée comme illégitime, suite à un audit citoyen, il a pu réinjecter de l’argent frais dans la santé et l’éducation.

Audit citoyen ? L’auteur plaide pour cette démarche de réappropriation par la population de son destin économique. Les citoyens sont appelés à décortiquer la dette publique du pays pour mieux en combattre les parts illégitimes. Et pas besoin d’être un spécialiste pour ce faire.

Enfin, O. Bonfond nous livre un panorama assez complet des alternatives pour une économie au service des peuples. Avant de conclure par ces mots : « A l’heure actuelle, les rapports de forces ne sont toujours pas en faveur des peuples. Malgré certains discours d’apparente rupture, l’offensive néolibérale se poursuit. Pourtant, le mouvement social s’organise et, au Nord comme au Sud, des victoires, certes partielles et insuffisantes, donnent de l’espoir. De plus en plus de personnes pensent que le système capitaliste fait partie du problème et non de la solution. Et si on cessait d’avoir peur ? Et si on osait enfin la rupture, la vraie, ici et maintenant ? »

Chiche ?

Références

Olivier BONFOND, Et si on arrêtait de payer ?
10 questions/10 réponses sur la dette publique belge et les alternatives à l’austérité

Coédition ADEN / CEPAG / CADTM, 2012, 224 pages, 12 euros

Olivier Bonfond est économiste et auteur de nombreux articles sur les relations Nord-Sud et les alternatives à la mondialisation capitaliste. De 2005 à 2010, il a travaillé au Comité pour l’annulation de la dette du tiers monde (CADTM). Il est aujourd’hui conseiller au CEPAG (Centre d’éducation populaire André Genot). Membre du Conseil international du Forum social mondial (FSM), il participe activement depuis de nombreuses années au mouvement altermondialiste.

Voir en ligne : http://www.skolo.org/spip.php++cs_INTERRO++artic...

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