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Publié : 16 avril 2013
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Sur les "orientations stratégiques" du MESR

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Le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche vient de rendre publiques ses orientations stratégiques en matière de prévention des risques professionnels. Ce rapport a été établi à partir des rapports annuels communiqués au CHSCT ministériel, dont le périmètre regroupe les universités et grandes écoles, les organismes de recherche (EPST) et les CROUS. Ces orientations sont très similaires à celles du ministère de l’éducation nationale.

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Sur les "orientations stratégiques" du MESR

 Donner tout son sens à la réforme des CHSCT

Les recommandations du ministère passent sous silence, et pour cause, les grandes différences qui existent entre les CHSCT des entreprises privées et ceux de la fonction publique. Dans cette dernière, il ne peut pas y avoir de délit d’entrave ! L’ordre du jour est fixé par le président lui-même, certes en concertation avec le secrétaire mais toujours dans le cadre d’une relation hiérarchique entre lui et ce secrétaire.
Les décharges de service pour permettre aux secrétaires de CHSCT de mener leur mission à bien demeurent partout une jolie fiction théorique. Le temps de mission dont devraient bénéficier tous les membres (égal au double de la durée de la séance, temps de trajet compris), n’est jamais accordé comme, au reste, dans toutes les instances comportant des représentant-es élu-es.

 Rendre plus efficient le service de médecine de prévention

Le ministère a beau jeu d’attirer l’attention des chefs des établissements dépourvus de médecins de prévention « sur l’urgence à trouver une solution ». Les chefs d’établissements ont beau jeu de rétorquer que le ministère ne leur donne pas les moyens de répondre à cette urgence. Depuis la mise en place de l’autonomie financière des universités, le jeu de la patate chaude est devenu un sport pratiqué avec brio entre les différents acteurs concernés !

 Accompagner les évolutions et prévenir les risques psychosociaux

Cet intitulé est, en lui-même, un oxymore ! Le rapport mentionne bien les bouleversements connus dernièrement par les établissements d’enseignement supérieur et de recherche : fusions d’établissements, restructurations, nouvelles organisations liées aux évaluations de l’AERES, préparation des contrats quinquennaux, passage aux responsabilités et compétences élargies (RCE)... Il préconise benoitement que les effets sur les conditions de travail des agents soient anticipés et intégrés par les chefs d’établissement « dans la politique de prévention des risques professionnels ».
Mais, ce sont ces bouleversements eux-mêmes, tels l’évaluation systématique des personnels BIATOSS par le supérieur hiérarchique ou la politique de rémunération « au mérite » comme la prime d’excellence scientifique chez les enseignant-es-chercheurs/ses, qui ont eu pour effet de provoquer la destruction du travail en équipe et la guerre de tous contre tous et tout son cortège de souffrance au travail.
Le message envoyé aux « chefs d’établissement » semble être de tenter d’adapter les humains au travail et non l’inverse ! Une telle recommandation est parfaitement hypocrite et ne pourra qu’accentuer les dérives qu’elle est censée combattre.

 Mieux gérer les parcours professionnels en fonction des risques

Etrangement, parmi les facteurs de risque énumérés comme devant faire partie intégrante du document unique, le rapport oublie les « risques psychosociaux » qui étaient l’objet du point précédent. On peut sérieusement mettre en question la volonté de lutter contre l’augmentation alarmante des troubles psychosociaux que l’on constate (suicides, dépressions, burnout) mais cela ne nous étonnera pas puisque nous affirmons que c’est le renforcement de la pression hiérarchique et l’inflation évaluationniste qui en sont à l’origine. Le ministère ne parle pas non plus de la précarité comme facteur de souffrance alors qu’elle touche environ 30% des agents BIATOSS dans les universités. Dans les CROUS, les personnels ouvriers contractuels de droit public sont la majorité des agents !
Le rapport préconise également « une gestion prévisionnelle anticipée des reclassements avant toute installation d’une maladie professionnelle identifiée pour certains types de postes ». Quand on sait que la reconnaissance des maladies professionnelles est presque systématiquement contestée par les directions du personnel, une telle recommandation peut là aussi faire sourire.

La santé, la sécurité et l’amélioration des conditions de travail demeurent un combat !

Voir en ligne : http://www.sudeducation.org/Sur-les...