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Publié : 1er mai 2003
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Extrait du texte publié par SUD Éducation 78 le 4 mai 2003

"Les enjeux d’un conflit social", de Vincent SMITH, professeur d’Anglais au lycée Jean Rostand, Mantes-la-Jolie

Une décentralisation au service des patrons et du « dégraissage » de la fonction publique

De même, la décentralisation en cours participe au désengagement de l’État sur tous les fronts sociaux. En matière d’Éducation, elle fait déjà exploser l’encadrement social des élèves dans les établissements : après la médecine scolaire, ce sont les assistantes sociales et les Conseillers d’orientation (COP) qui sont retirés des établissements pour de bon. Contrairement à ce que prétend le gouvernement, la « décentralisation » actuelle correspond à une réduction de la proximité (moins de services publics dans les zones insuffisamment rentables) : la « rationalisation » des services publics, qui procède par regroupements et concentration, avec les changements de statuts appropriés pour les fonctionnaires afin de pouvoir augmenter leur « productivité » et neutraliser leur capacité de revendication[1], correspond finalement d’un côté à une centralisation régionale (réduction des lieux de contact avec le public pour opérer des « économies d’échelle » dans de plus grosses structures régionales) et de l’autre, à une politique de sous-traitance maximale auprès d’entreprises privés - avec les changements de missions conséquents (faire du profit, au lieu d’améliorer le service égalitaire envers la population). Le management privé sert de méthode, et le chef d’entreprise est mis au coeur du système.

C’est dans cette logique que l’enseignement professionnel est voué à être réorganiséen faveur d’un pilotage patronal local. Les patrons aspirent à faire financer par les collectivités locales - qui ne peuvent rien leur refuser puisqu’ils sont « les créateurs d’emploi » - la formation d’une main d’oeuvre locale formatée à leurs besoins spécifiques à court terme. En revanche, ils seront libres de continuer à délocaliser et à jouer le consumérisme d’aides publiques sans scrupules : ils veulent la maîtrise de la formation initiale, mais pas les coûts et pas les responsabilités. A une époque où il est plus que jamais nécessaire de pouvoir s’adapter à des changements de métiers - car les entreprises n’hésitent pas à faire preuve de « mobilité » aux dépens de leurs employés - on renonce à accorder aux élèves du professionnel une formation de base adéquate ; seule la demande locale immédiate des patrons importe.

Voir en ligne : http://www.sudeducation.org/Extrait...