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Publié : 23 mai 2014
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L’essai de vigne OGM de l’INRA jugé illégal par la cour d’appel de Colmar, les faucheurs relaxés… et la Direction de l’INRA en pleine manipulation de l’information !

L’essai de vigne OGM de l’INRA jugé illégal par la cour d’appel de Colmar, les faucheurs relaxés… et la Direction de l’INRA en pleine manipulation de l’information !

Dans cette expression adressée à tous les agents de
l’INRA et à la presse ce vendredi 16 mai, nous revenons sur
l’épilogue judiciaire de l’action menée en 2010 contre une
expérimentation OGM de vigne en plein champ - l’essai détruit
étant jugé illégal et les inculpés relaxés.

Nous dénonçons la communication de la Direction de l’INRA qui
s’autorise à nier le rendu du tribunal, préférant continuer à
promouvoir sa politique scientifique.

A lire aussi, notre nouvelle contribution syndicale, diffusée ce
20 mai, dans le prolongement de la controverse née du rapport commis
par l’INRA sur l’agriculture biologique :
http://www.sud-recherche.org/SPIPpr...

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L’essai de vigne OGM de l’INRA jugé illégal par la cour d’appel de Colmar, les faucheurs relaxés… et la Direction de l’INRA en pleine manipulation de l’information !

Le fauchage de l’essai INRA en plein champ de vigne OGM à
Colmar en 2010 a connu son épilogue
judiciaire
ce 14 mai : relaxe des faucheurs à l’issue du
procès en appel. La cour d’appel de Colmar a considéré
que l’arrêté ministériel autorisant l’INRA à tester ces OGM
au milieu du vignoble alsacien était illégal car il y avait eu une
erreur manifeste d’appréciation des risques inhérents à
l’expérience.
Elle a critiqué l’absence d’une
véritable étude d’impact. L’essai étant illégal, il n’y a
"donc pas de délit de destruction d’une parcelle de culture
d’OGM autorisée". Bien que reconnus coupables de violation de
domicile, les prévenus sont dispensés de peine.

Notre syndicat prend acte de cette décision de justice fondée
sur le constat qu’une évaluation sérieuse des risques
environnementaux des essais OGM en plein champ est indispensable.
Au-delà de cet argument, si nous pensons que d’autres formes
d’action que le fauchage auraient pu être envisagées, nous
partageons une bonne partie des analyses défendues de manière
convaincante lors du premier
procès en 2011
. En particulier, l’illusion selon
laquelle les biotechnologies seraient la solution aux problèmes
posés par le modèle agricole intensif doit être combattue.

En revanche, nous sommes affligés et révoltés par le
communiqué de presse
que la direction de l’INRA a cru bon de
publier, ce mercredi 14 ma
i. En effet, alors que les rendus
du premier procès et les demandes de sanctions sont détaillés par
notre direction, celle-ci feint de ne pas avoir connaissance du
verdict final, qui relaxe les faucheurs en raison de l’erreur
d’appréciation des risques de l’essai, et déclare :
« Quelle que soit la décision rendue aujourd’hui, l’INRA
rappelle que la culpabilité des prévenus reste établie, alors que
pour sa part l’institut a parfaitement respecté la réglementation
en vigueur »
. Pourtant, l’évaluation des
risques, jugée insuffisante par le tribunal, était bien de la
responsabilité de l’institut. La direction s’autorise à nier le
rendu du tribunal, préférant continuer à promouvoir sa politique
scientifique…

La lecture de ce communiqué nous amène par ailleurs à deux
commentaires :

- Le
message de la direction montre combien il est temps que change la
stratégie de communication de notre Institut
. Nous avons
déjà alerté le PDG sur l’effet désastreux de l’utilisation de
méthodes publicitaires pour l’annonce de la campagne de
recrutement de 2014, avec l’image d’une jeune femme s’arrachant
la chemise pour montrer le logo de l’INRA dans une gestuelle
dénoncée à juste titre par les associations féministes (ce qui a
amené à l’ajout, dans un second temps, d’un partenaire
masculin !). Sur le traitement du dossier OGM, nous avions
dénoncé [l’organisation,
par la direction, d’une manifestation « spontanée »
devant le tribunal de Colmar en 2011
], une première à notre
connaissance de la part d’une institution publique. Il est plus que
temps d’abandonner cette communication en forme de marketing pour
en revenir à de la véritable information, ce qui est attendu d’un
institut de recherche.

- Ce
communiqué dans sa forme et son contenu montre que notre
direction ne tient aucun compte des aspirations citoyennes qui
refusent massivement depuis 15 ans les OGM dans leurs assiettes ou
dans les champs,
et ne s’interroge absolument pas sur ses
choix stratégiques et sur le déséquilibre des moyens qu’elle met
sur les différentes voies d’innovation agronomique (pour faire
court, biotechnologie versus agroécologie). Ainsi, la tribune du PDG
de l’INRA qui accompagne le communiqué de presse sur le procès se
conclut par ces questions : « Pouvons-nous laisser à
d’autres la maîtrise des technologies les plus récentes et brider
ainsi la compétitivité des entreprises françaises et européennes
sur les marchés étrangers ? Pouvons-nous nous priver
d’explorer les potentialités de ces technologies pour atteindre
des objectifs d’intérêt public ou pour répondre, dans le futur,
à d’éventuelles crises sanitaires ou climatiques ? Enfin,
pouvons-nous donc vraiment faire l’économie d’essais
scientifiques au champ en conditions contrôlées, pour traiter ces
différents enjeux ? »
.

En retour, nous souhaitons donc adresser ces questions au PDG de
l’INRA : plutôt que de défendre de nouveaux essais d’OGM
en plein champ, notre institut peut-il investir massivement,
à la hauteur des enjeux alimentaires et environnementaux auxquels
fait face notre planète, et à la hauteur des attentes des citoyens,
vers des solutions durables d’innovation en agriculture, basées
sur le respect des hommes et des écosystèmes ?

Celles-là même qui sont défendues par le rapporteur spécial des
Nations Unies pour le droit à l’alimentation, Olivier de Schutter,
qui termine son mandat en
exhortant le monde à changer son modèle agricole à bout de
souffle,
notamment en passant d’urgence à des techniques
agronomiques basées sur l’agroécologie ?

Pour conclure, nous constatons que toutes les questions que nous
posions dès août 2010, dans notre contribution : « Essai
INRA "plein champ" sur la vigne transgénique : un
échec qui nécessite de se poser les bonnes questions ! »

demeurent d’actualité : du glas des espérances portées par
la démarche participative d’un
Grenelle de l’environnement…« lobbytomisé »
, à
la logique d’innovation marchande et à court terme de la recherche
publique. Et ce début 2014, alors que la représentation des membres
extérieurs du Conseil d’Administration de l’INRA est en cours de
renouvellement, il est temps que ce Conseil d’Administration
s’ouvre enfin à la diversité des acteurs concernés par
l’agriculture, l’environnement, l’alimentation… comme
nous le demandons depuis… 2009
 !