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Publié : 2 mai 2014
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Le directeur de l’enseignement scolaire de Benoît Hamon donne sa démission et s’en va

Source :
Maryline
Baumard, Le Monde M Blogs du 30/04/2014

Le
directeur de l
’enseignement
scolaire de Benoît Hamon donne sa démission et s’en va


Pour
Beno
ît
Hamon, les ennuis commencent. Son directeur de l’enseignement
scolaire, Jean-Paul Delahaye a rangé ses affaires et est
définitivement parti, mercredi 30 avril, sans que le ministre ait
une solution de rechange. Du jamais-vu Rue de Grenelle. Cette vacance
est une catastrophe du point de vue du fonctionnement du ministère,
et un vrai problème politique.

Jean-Paul
Delahaye, qui a accompagné les dix-huit mois de Vincent Peillon à
l’éducation, d’abord comme conseiller spécial, ensuite comme
directeur de l’enseignement scolaire (Dgesco), a remis sa
démission au ministre, envoyé un mail d’adieu à ses collaborateurs
et est parti.

Depuis
son arrivée, Benoît Hamon savait que l’homme ne resterait pas à
ses côtés. Le ministre a tenté de le retenir, lui demandant
d’accompagner ses premiers pas dans ce lieu assez codé. Il a proposé
ce poste qui nécessite charisme et force de travail à l’actuelle
directrice de l’évaluation et de la prospective, Catherine Moisan,
qui l’a décliné. Les noms de Florence Robine, rectrice de Créteil,
et de Béatrice Gille, rectrice de Nancy-Metz, circulent à leur
tour ; mais la première a le handicap d’avoir été nommée
rectrice sous la droite, et d’être critiquée par quelques-uns de
ses collègues ; la deuxième de n’avoir pas le parcours
classique d’une rectrice. Officiellement, l’entourage de Benoît
Hamon fait savoir que M. Delahaye
« sera
remplacé dans les jours à venir »
.
Officieusement, la gauche n’a toujours pas reconstitué de vivier de
cadres supérieurs capables de tenir des postes clés. La minceur du
vivier potentiel qui a été un handicap pour M. Peillon risque
d’affaiblir aussi M. Hamon.

Symboliquement,
ce départ précipité ne trompe personne. Jean-Paul Delahaye devait
présider lundi 5 mai le Conseil supérieur de l’éducation, qui doit
discuter du décret Hamon sur les rythmes scolaires. Homme droit, au
service de l’école depuis quarante ans, pédagogue dans l’âme, il
vivait sans doute très mal l’idée de devoir présenter devant les
partenaires de l’école un texte qui détricote pour partie ses deux
années de travail aux côtés de Vincent Peillon. Une évidence,
pour qui a fréquenté cet homme d’une extrême rigueur morale. Si
Benoît Hamon avait trouvé une alternative pour que son décret
expérimental soit présenté lundi aux syndicats par une autre
personne, il aurait sans doute encore un directeur de l’enseignement
scolaire ce soir.

Quand
l’équipe Peillon s’était installée Rue de Grenelle, le 17 mai
2012, Jean-Paul Delahaye avait pris soin de ne pas demander au Dgesco
de l’équipe précédente de réécrire sa circulaire de rentrée.
Une lettre signée par M. Peillon avait été annexée à la
circulaire faite par l’équipe Chatel, pour infléchir la politique.
M. Delahaye avait alors précisé au
Monde
 :
« On
aurait humilié l’équipe sortante si on avait demandé au Dgesco de
renier son travail. »

Benoît Hamon n’aura pas eu cette élégance et le paie en perdant le
numéro deux de son ministère. Ce départ précipité sans passation
va encore compliquer la tâche du nouvel arrivant, qui n’avait pas
besoin de cet imprévu.

Jean-Paul
Delahaye, qui travaillait pour Martine Aubry avant la primaire
socialiste, a rallié Vincent Peillon durant la campagne
présidentielle et ne l’a plus quitté depuis. Il avait été nommé
à la Dgesco le 21 novembre 2012. Inspecteur général de l’éducation
nationale, il est titulaire d’un doctorat en sciences de l’éducation.
Il a occupé tous les postes du système éducatif, de professeur en
collège à inspecteur d’académie dans la Seine-Saint-Denis avant
d’être nommé inspecteur général. Le combat de sa carrière a été
la lutte contre les inégalités et le souci que chaque enfant
réussisse. Farouche militant de l’école du socle, il aurait aimé
faire plus avancer ce dossier durant son passage Rue de Grenelle. Son
âge lui permet de faire valoir ses droits à la retraite ; ce
qu’il aurait fait plus tôt si la gauche ne l’avait pas emporté en
mai 2012.

Maryline
Baumard