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Publié : 1er janvier 2003
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Extrait d’Infosud de janvier 2003, publié par SUD Education 59-62

REGIONALISATION/DECENTRALISATION

La décentralisation est le transfert de compétences de l’Etat vers les collectivités territoriales. On pourrait se réjouir d’un tel projet et penser que la décentralisation permettra une démocratie plus participative, le pouvoir étant plus proche du citoyen. Or il n’en est rien, il s’agit en réalité d’un désengagement de l’Etat qui cherche à diminuer ses dépenses pour faire face aux baisses d’impôts programmées. Cela répond au credo libéral auquel s’est converti l’Union Européenne (UE) avec ses fameux critères de convergence (entre autres, diminution de la dette publique et du poids de l’Etat). Cette régionalisation va faciliter la casse des statuts, préalable à la marchandisation des services publics. Cette orientation est renforcée par le choix de l’élargissement de l’Union Européenne (UE), montrant que l’option prise est la constitution d’un vaste marché européen plutôt qu’une construction politique et sociale d’une réelle UE (l’Europe sociale n’a toujours pas vu le jour !). Les conséquences menacent d’être lourdes notamment pour l’Education.

Toutes les communes, tous les départements n’ont pas les mêmes ressources. Elles sont fonction du tissu industriel et commercial de la zone. Jusqu’à présent, rien n’est dit quant aux transferts financiers de l’Etat vers les régions visant à atténuer les inégalités sociales régionales. Or sans cela, on s’achemine vers une accentuation de l’inégalité des droits à l’éducation sur l’ensemble du territoire.
Les programmes scolaires resteraient dans un cadre défini par l’Etat. Cependant, un des objectifs de la décentralisation est d’être au plus près des besoins des entreprises existantes dans la région. Les lycées des métiers tendent d’ailleurs à faire coller bassin de formation et bassin d’emploi, rendant la formation soumise aux aléas du développement local et aux pressions du patronat local.

La régionalisation d’un certain nombre de services de l’éducation nationale a pu apparaître comme un effet d’annonce du gouvernement Raffarin. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Après avoir envisagé plusieurs pistes (ATOSS, personnels d’éducation, d’orientation et de santé, assistants des services sociaux), Luc Ferry, sous la pression du 1er ministre, aurait finalement tranché. Il proposerait la décentralisation des services d’orientation. Déconnecter les conseillers d’orientation psychologues de l’éducation nationale modifiera forcément leurs missions d’information et de conseil auprès des publics scolarisés.

Voir en ligne : http://www.sudeducation.org/Extrait...