local : MAISON DES SYNDICATS
18 rue de l'Oiselet   -   La Camusière
37550    Saint Avertin
local :  02.47.85.11.15
portable : 07 81 55 42 14

 courriel : sudeduc37@gmail.com

Publié : 16 janvier 2012
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ADRESSE AUX ELUS D’INDRE-et-LOIRE

Maires, députés, sénateurs,

conseillers municipaux, généraux et régionaux

Mesdames, Messieurs,

Depuis plus de deux mois, les personnes étrangères qui résident dans notre département sont l’objet d’un harcèlement policier, jusque dans leurs lieux d’hébergement (appartements, foyers, hôtels et centres d’accueil pour demandeurs d’asile), qui vise à les terroriser.

En effet, présence arrogante aux abords des lieux de vie (hébergement, écoles, cabinet médical, Restaurants du Cœur…), intrusions nocturnes qui obligent les familles à organiser des veilles, coups violents dans les portes à l’heure où les enfants se préparent pour l’école… sont autant de pratiques que ces demandeurs d’asile ont connues dans leurs dictatures d’origine. Elles ne peuvent que raviver les traumatismes pour lesquels beaucoup sont soignés même si, en France, ces manœuvres d’intimidation ne sont pas suivies de tortures.

De plus en plus nombreuses sont les arrestations et les mises en rétention dont l’arbitraire n’échappe pas, le plus souvent, aux juges. Certains ne se sont pas contentés d’annuler les décisions préfectorales mais ont parlé dans leurs jugements de pratiques dégradantes. Là encore, le caractère expéditif des procédures (moins de deux heures entre le contrôle d’identité et l’expédition en rétention sans interprète ni avocat, une heure trente de trajet entre le commissariat de Tours et le centre de rétention en banlieue parisienne, véritable prison pour étrangers) ne peuvent que réactiver le traumatisme des enlèvements.
Ces pratiques sont indignes d’une démocratie. Ces pratiques sont inhumaines, elles
s’apparentent à de la torture psychologique, et provoquent parfois des suicides. Ces actes de persécution sont aussi totalement gratuits car en deux mois les 11 personnes arrêtées à Tours et
connues de nous ont toutes été libérées par des juges extérieurs au département

VOUS NE POUVEZ PAS L’IGNORER !

La presse locale, journaux, radios et télévisions s’en font l’écho quasi quotidiennement. Et tous les jours, associations, syndicats, acteurs culturels, parents d’élèves, etc. s’en indignent et alertent l’opinion, preuves irréfutables à l’appui.

A l’heure où les fonctionnaires de police eux-mêmes s’insurgent contre ce qu’ils appellent une « chasse aux étrangers » qui leur évoque la période de la seconde guerre mondiale (voir La Nouvelle République des 13, 14 et 30 décembre 2011) ; au moment où l’Archevêque de Tours invite les fidèles de l’Eglise catholique à ouvrir les yeux et à se montrer généreux dans l’accueil des étrangers (N.R.du 24 décembre), il est inconcevable dans ce contexte que les élus du peuple soient les derniers à s’émouvoir des méthodes répressives ordonnées par le Préfet. Le silence actuel sur des pratiques qui constituent des atteintes à la dignité et aux droits humains, ne peuvent que faire le jeu d’une extrême-droite dont beaucoup courtisent l’électorat.

NOUS VOUS DEMANDONS DE RÉAGIR !

Arguer qu’il serait plus efficace de protester « discrètement » ou en coulisses que publiquement
est plus que jamais une erreur politique, voire une faute morale ! Au contraire, dans ces circonstances exceptionnelles que vivent les migrants, décider de parler haut et clair à toute la population c’est assumer vos responsabilités électives.
Tours le 4 janvier 2012

Premiers signataires :

RESF37

RESF-Joué

Association Chrétiens-Migrants

Saadika HARCHI, Conseillère Régionale déléguée Prévention Santé

NPA 37

SUD/SOLIDAIRES 37

Voir en ligne : http://solidaires37.org/spip.php++cs_INTERRO++ar...