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Publié : 17 avril 2014
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(NR) Rumeur de Joué : des enseignants choqués

 

Source : François Bluteau, la Nouvelle République, le 17/04/2014 05:38

Rumeur de Joué : des enseignants choqués

Les enseignants ont regretté que seul Sud ait appelé à manifester. - Les enseignants ont regretté que seul Sud ait appelé à manifester. - (Photo archives NR)

Les enseignants ont regretté que seul Sud ait appelé à manifester. - (Photo archives NR)

 

Quinze jours après la rumeur qui a touché l’école de la Blotterie à Joué, de nombreux enseignants sont encore sous le choc.

Le temps n’a pas effacé les blessures : deux semaines ont passé depuis la diffusion d’une vidéo accusant une enseignante d’avoir forcé un garçon et une fille à baisser leur culotte dans le cadre de l’enseignement de la théorie du genre, l’émotion est encore palpable.

Le syndicat Sud Éducation avait convié hier soir, à Tours, enseignants et parents à venir se confier. En préambule, une adhérente a rappelé que la théorie du genre était une pure invention, tout en expliquant ce qu’étaient les études de genre, c’est-à-dire tout ce que la société véhicule pour donner à chaque sexe une identité de l’ordre de l’acquis, tout en ne niant absolument pas le sexe biologique. Très vite, la parole s’est libérée, soulignant le contexte sociopolitique dans lequel cette affaire a éclaté. Beaucoup d’enseignants ont confié avoir été désarçonnés par la violence de l’attaque : « L’école est attaquée en profondeur sur le plan de la laïcité, mais on nous conteste aussi notre manière de travailler, notre liberté d’enseigner. » Pourtant, un travail d’explication avait été mené auprès des parents mais cela n’a pas suffi pour qu’un certain nombre prenne pour argent comptant les allégations de l’association Journée de Retrait de l’École.
Que faire alors face à cette remise en cause de principes fondamentaux qui guident les enseignants, auxquels ils adhèrent au-delà des différences ? Ils ont été unanimes à regretter que la riposte (une manifestation devant l’inspection d’académie) n’ait pas été unitaire : seul Sud y appelait.
Mais en dehors de cette unanimité, quelques divergences sont apparues, qui traversent aussi la gauche : face à une attaque qui fait remonter presque cent ans en arrière, faut-il revenir au combat fondamental de défense de deux piliers de la République que l’on croyait solides, la laïcité et l’égalité ? Mauvais combat rétorquent d’autres : revenons à la mission première de l’école, la transmission du savoir et de méthodes d’analyse.
Et si l’un n’allait pas sans l’autre ?

François Bluteau