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Publié : 6 avril 2014
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(Le Monde) Journées de retrait de l’école : comment les enseignants retissent le lien avec les parents (31-03)

Source : Mattea Battaglia in le Monde – 31-04-2014

Journées de retrait de l’école : comment les enseignants retissent le lien avec les parents

 

Une quatrième journée de retrait de l'école est organisée lundi 31 mars (photo d'illustration).

Un « choc », une « douche froide », un « réveil brutal »... Pour les professeurs qui ont eu à observer des absences d’élèves lors des précédentes « journées de retrait de l’école » (JRE), lancées en janvier par la militante Farida Belghoul, l’épisode reste difficile à expliquer, alors qu’une quatrième journée de retrait était annoncée ce lundi 31 mars.

D’autant que, paradoxalement, les taux d’absentéisme les plus élevés n’ont pas été relevés dans les écoles expérimentant les ABCD de l’égalité, le dispositif de lutte contre les inégalités accusé d’être le « cheval de Troie » de la théorie du genre en milieu scolaire.

Le boycott n’a pas fait tache d’huile, reconnaissent ces enseignants : il n’a touché qu’une centaine d’écoles primaires (sur 48 000) les 24 et 27 janvier, 70 le 10 février, selon les statistiques ministérielles. De quoi aborder avec une relative sérénité les JRE prévues ce lundi 31 mars. Mais sans baisser la garde, avertissent les premiers concernés.

« ON MARCHE SUR DES OEUFS »

« Il ne faut pas amplifier le phénomène, mais pas le sous-estimer non plus », témoigne Sylvie Blanchet, enseignante spécialisée auprès d’élèves en grande difficulté, intervenant dans quatre écoles d’un quartier sensible d’Orléans. « En classe, ces derniers temps, on marche sur des œufs, on pèse nos mots... et on s’accroche pour recoller les morceaux en misant sur la relation humaine, personnelle avec les parents. »

Cette professeure, très engagée dans l’accompagnement de familles récemment arrivées en France, n’en revient toujours pas que l’envoi de SMS « au contenu délirant » — certains évoquant une « initiation à la masturbation » en maternelle ait suscité pareille émotion parmi les parents. « Quatre ou cinq familles par groupe scolaire y ont été sensibles, estime-t-elle, pas plus ; mais c’est à ce type d’événement, même circonscrit, qu’on mesure à quel point l’école peut susciter de la méfiance. »

« L’inquiétude des parents, quel qu’en soit le motif, je me dois de l’entendre, de la prendre en charge », réagit Bénédicte Voisin, enseignante de CP à Montpellier. Dans son école ZEP du quartier de la Paillade, où près des deux tiers des élèves sont d’origine étrangère, l’absentéisme n’a concerné, fin janvier, qu’une dizaine d’enfants. C’est que la réponse de l’équipe a été immédiate : une réunion avec les parents programmée l’après-midi même où les rumeurs ont commencé à circuler.

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« Il y avait foule à 17 heures, raconte-t-elle. L’occasion de rappeler combien la confiance réciproque est nécessaire, et combien les enfants ont besoin de sentir enseignants et parents unis autour d’eux pour progresser... Se crisper n’aurait fait qu’accroître la distance, le risque de rupture ! »

Mais dans les villes où les JRE ont ratissé plus large, restaurer le dialogue peut prendre plus de temps. « C’est la guerre froide avec certains parents... Et elle est d’autant plus difficile