local : MAISON DES SYNDICATS
18 rue de l'Oiselet   -   La Camusière
37550    Saint Avertin
local :  02.47.85.11.15
portable : 07 81 55 42 14

 courriel : sudeduc37@gmail.com

Publié : 2 avril 2014
Format PDF Enregistrer au format PDF

NR : Les accusations de " JRE " provoquent un tollé général

Source : C. Devos in la NR du 01/04/2014 05:38

Les accusations de " JRE " provoquent un tollé général

Hier matin, les parents d'élèves de l'école de la Blotterie étaient dubitatifs. - Hier matin, les parents d'élèves de l'école de la Blotterie étaient dubitatifs. - (Photo NR, Patrice Deschamps)

Hier matin, les parents d’élèves de
l’école de la Blotterie étaient dubitatifs. - (Photo NR, Patrice
Deschamps)

Joué-lès-Tours. Les accusations
portées par le mouvement “ Journée du retrait de l’école ”
contre l’école de la Blotterie provoquent un tollé.

Hier matin, devant les grilles de l’école maternelle de la
Blotterie à Joué-lès-Tours, quelques mamans sont restées
longtemps pour discuter entre elles. Des mères de famille dont les
enfants sont scolarisées dans l’établissement et qui sont
atterrées par l’affaire. « C’est effrayant, explique
Sandra, déléguée des parents d’élèves. C’est la politique de
la peur. L’école a déjà été accusée au mois de janvier dernier
de pratiquer la théorie du genre. C’est stupide. Mon fils a eu
cette enseignante l’an dernier, c’est une excellente maîtresse. »

Ces parents venus hier matin apporter leur soutien à
l’institutrice estiment « très bizarre » la
façon dont l’affaire a éclaté. « On a appris que Farida
Belghoul descendait de Paris à la sortie de l’école »
,
précise une maman. Mais aucune d’entre elle n’a assisté à cette
visite.
La responsable locale de JRE, Dalila Hassan, s’est mise
en scène dans une vidéo postée sur le Net où elle accuse la
maîtresse d’avoir fait déshabiller un petit garçon et une petite
fille et de leur avoir demandé de se toucher mutuellement les
parties génitales.
Un récit hallucinant qui viendrait des
révélations faites par un petit garçon d’origine tchétchène à
sa maman. En revanche, le flou le plus complet règne au sujet de la
petite fille qui aurait été concernée.
Pour Antoine Destrés,
directeur académique des services de l’Education nationale, rien de
tout cela ne s’est réellement produit. « L’enseignante et
son Atsem, qui est présente en classe en permanence, ne voient même
pas à quoi peuvent être reliées ces accusations
, commente le
directeur académique. J’ai rencontré le personnel enseignant et
les Atsem pour les assurer du soutien du rectorat dans cette
affaire. »
Le rectorat a d’ailleurs décidé de porter
plainte en diffamation, comme l’ont déjà fait l’institutrice et la
directrice de l’école. De son côté, la mère du petit garçon
doit également déposer plainte.
L’affaire a suscité de très
vives réactions de la part des syndicats enseignants. Dans un
communiqué, le Snuipp dénonce « une campagne mensongère
et réactionnaire qui vise à effrayer les parents d’élèves »
.
Le SNUDI-FO évoque aussi « des accusations
diffamatoires »
. Sud Education apporte également son
soutien à l’enseignante concernée. De même que le Réseau
éducation sans frontière.
Une enquête a été ouverte par la
police pour établir la vérité. En attendant, la majorité des
parents d’élèves ont conservé leur confiance dans l’école. Mais
20 % des élèves de la classe manquaient à l’appel hier matin.

en savoir plus

" Pas d’éducation au genre "

Dans cette affaire, la polémique a été relayée par le
mouvement « Journée pour le retrait de l’école ». JRE
est un groupe créé par Farida Belghoul, ancienne figure de la
Marche des beurs, récemment passée à l’extrême droite, notamment
en ce qui concerne l’opposition à la théorie du genre. JRE se sert
donc clairement de cette affaire pour faire de l’agitation autour de
cette question.
Le directeur académique des services de
l’Education nationale rappelle qu’il n’y a « pas
d’éducation au genre »
dans les écoles du département.
« L’académie d’Orléans-Tours ne fait pas partie des
académies pilotes pour l’expérimentation du ministère ABCD de
l’égalité »
, indique-t-il.

Caroline Devos