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Publié : 30 mars 2014
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La « Journée de retrait de l’école » accuse publiquement une enseignante de maternelle

Source : Luc
Cédelle - http://education.blog.lemonde.fr -
30 mars

La « Journée de retrait de l’école » accuse publiquement une enseignante de maternelle

Capture d’écran de la vidéo JRE accusant une enseignante

« La maîtresse a demandé au
petit garçon de toucher les parties génitales de la petite fille
 »

La prochaine « Journée de retrait de l’école »
(JRE), organisée au niveau national par Farida Belghoul pour
lutter contre « l’abomination » que
constitue selon elle et ses partisans la soi-disant « théorie
du genre », aura lieu le lundi 31 mars.

Depuis la précédente journée en février, le mouvement
(toujours
relayé par celui d’Alain Soral, Egalité et Réconciliation
),
s’est organisé, a multiplié les contacts, les réunions, et les
vidéos de propagande diffusées sur Internet. L’alliance avec
les catholiques intégristes traditionalistes proches de l’extrême 
droite, notamment ceux de Civitas, s’est affirmée. Elle est
désormais clairement assumée des deux côtés. Le mouvement s’est
également radicalisé, à travers les propos répétés de son
leader Farida Belghoul, appelant littéralement et au premier degré
à lutter contre « le diable » et proclamant
qu’elle était pour cela prête à « payer le prix du
sang »
.

Stratégie de durcissement

La radicalisation ne s’arrête pas là. Elle se manifeste
aussi à travers les méthodes utilisées dans le cadre de la
préparation de cette nouvelle journée de retrait. Une
vidéo récemment mise en ligne en témoigne
. C’est une mise
en accusation publique d’une enseignante d’une école
maternelle de Joué-les-Tours, l’école de La Blotterie, par une
militante locale des JRE se présentant à visage découvert et
sous son nom, Dalila Hassan.

Le contenu de cette vidéo est hallucinant et provoquera sans
doute de très vives et nombreuses réactions dans le monde
enseignant et au-delà, sans exclure bien sûr les suites
judiciaires qui pourraient lui être données. Les JRE ne peuvent
avoir sous-estimé ces réactions prévisibles et l’on peut
donc considérer que cette mise en accusation publique s’inscrit
dans une stratégie classique d’agitation, visant à déclencher un
processus de provocation/répression en obtenant des martyrs de la
cause.

Après le logo de la Journée de Retrait de l’Ecole (JRE),
offrant une ressemblance voulue avec celui de la Manif pour tous,
la vidéo commence par un écran noir sur lequel s’affiche le
titre : « Ecole Maternelle. Attentat à la pudeur à
Joué-les-Tours »
.

Suit un récit selon lequel un petit garçon de parents
tchétchènes, scolarisé dans cette école, y aurait été victime
de la part de sa maîtresse d’une séance de déshabillage
et d’attouchements organisée avec une petite fille. Le récit,
sur le mode indirect, rapporte les propos de la maman du petit
garçon, laquelle aurait été alertée par le comportement bizarre
de son enfant. La militante indique dans son propos liminaire que
Farida Belghoul a été alertée et devait se rendre à Joué les
tours pour prendre en charge ce problème.

« La maîtresse avait baissé son
pantalon... »

Tout au long de la vidéo, les propos rapportés de la maman
sont présentés comme d’une évidente et criante vérité, et
ceux de la directrice de l’école comme relevant de la pure
dénégation mensongère. D’une
durée de 10 minutes, la vidéo mérite d’être regardée
intégralement
afin de prendre la mesure du phénomène
politique auquel l’école publique risque d’être durablement
confrontée et du style d’action adopté par les JRE. En voici,
décryptés, les extraits les plus significatifs. C’est la
militante locale des JRE qui parle, s’aidant de ses notes
réparties devant elle.

« Il a expliqué que la maîtresse avait baissé son
pantalon, qu’il y avait aussi(…) une petite fille à qui on
avait baissé le pantalon et
(…) que la maîtresse a
demandé à la petite fille de toucher ses parties génitales et au
petit garçon de toucher les parties génitales de la petite fille
et en suite de se faire des bisous, chose qu’ils ont faite. Et
donc, le petit garçon a été très très très perturbé par tout
ça à tel point que dans les jours suivants, il y avait un
carnaval, la maman a porté le déguisement de son fils à l’école,
l’enfant ne s’est même pas déguisé parce qu’il a refusé
que la maîtresse lui enfile son déguisement
(…). »

La militante poursuit en indiquant que le vendredi 28 mars,
« pendant que Farida Belghoul était en chemin »,
une entrevue a eu lieu à l’école avec la directrice, une
traductrice et « une autre membre du comité »
[des JRE, ndlr]. « Nous avons été
surpris
, dit-elle, de ne pas voir la présence de la
maîtresse concernée, il nous a été rétorqué qu’elle était
en stage syndical »
[mimique de déploration accablée,
ndlr].

Dernier écran vidéo : « Vaincre ou mourir »

Elle indique que la maman a fait à cette occasion
un « récit strictement identique à la première
version »
et que « la directrice a
rétorqué à cela que la maîtresse est ir-ré-pro-cha-ble,
qu’elle ne pouvait pas avoir de tels agissements, que c’était
impossible »
.

« A aucun moment, la directrice n’a demandé comment
l’enfant allait »
, insiste la militante des JRE, qui
explique ensuite, toujours sur le ton de l’accablement, que
la directrice aurait à un moment de l’entretien évoqué la
possibilité que l’enfant ait dit ce qu’on attendait de lui,
qu’il aurait été poussé à ce genre de récit.

« La maman a tout de suite réagi. Elle a été 
formidable en disant que non, c’était impossible puisque, elle
est d’origine tchétchène
 [ici un mot difficilement
identifiable, ndlr] (…) pudeur et ils ne sont pas
amenés à parler de sexualité ou de ce genre de choses devant les
enfants, et d’ailleurs l’enfant était très très gêné »

(…).

La maman « s’est vraiment bien défendue, elle ne
s’est pas laissé intimider
(…) J’aimerais qu’on
me dise quel est l’intérêt d’une maman de se mettre en

(…) confrontation avec un établissement scolaire alors que
dans cette histoire elle a plus à perdre qu’à gagner. Donc je
m’interroge : pourquoi, si ce n’est la vérité ? »
La militante précise que la police était présente devant
l’établissement durant cette entrevue, puis conclut son propos en
indiquant que « finalement Farida Belghoul nous a rejoints
devant l’établissement. Nous étions une centaine de personnes
présentes sur place. »

La vidéo se termine par l’affichage du slogan suivant :
« Vaincre ou mourir ».

Luc Cédelle

P.S. C’est par un tweet émanant dimanche
matin du
forum Néoprofs
que j’ai été alerté sur cette actualité.