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Publié : 19 février 2014
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(ICEM / PÉDAGO. FREINET :) Big Brother is teaching you ?

M@gistère...ou pas !

Big Brother is teaching you ?

Ce début d’année a vu l’arrivée de M@gistère dans les temps obligatoires d’animation pédagogique. Véritable révolution de la formation pour le ministère, ce dispositif se révèle dangereux et particulièrement inquiétant sur l’évolution de notre métier.

M@gistère tend à prolétariser notre métier, en gommant sa dimension réflexive au profit d’une dimension « applicationniste ». Nous serions amenés à devenir de simples exécutants, des techniciens de maintenance de la chaine pédagogique.

M@gistère nous impose des formations dont le contenu comme le thème sont exclusivement décidés par les IEN à partir d’un catalogue proposé par le ministère ! Qu’en est-il des véritables besoins des équipes enseignantes ? Comme si, plus on est éloigné du terrain, plus on serait apte à identifier les besoins des praticiens qui se coltinent, eux, chaque jour avec ce terrain.

Les premiers retours d’expérience du déploiement de M@gistère sont effrayants : chaque enseignant serait en permanence évalué (pourcentage de réussite à l’appui), comparé aux autres (le meilleur score de réussite étant visible par tous) et littéralement pisté (le temps passé sur les différents modules étant lui aussi affiché). En un clic de souris, nous serons faits comme des rats ! Et vive le flicage généralisé !

Nous, membres du groupe départemental de l’ICEM-pédagogie Freinet, nous opposons vigoureusement à l’application de ce dispositif rétrograde, mortifère pour notre métier contradictoire avec tous les travaux de chercheurs sur la question de la formation et bien éloigné des possibilités offertes par une utilisation coopérative du numérique.

Nous plaidons pour une formation différente, appuyée sur les besoins exprimés par les enseignants et sur leur expertise professionnelle, favorisant la construction coopérative de praticiens réflexifs.

Nous affirmons que toute action de formation doit faire du stagiaire un acteur et un auteur de sa formation, le plaçant en situation de pouvoir construire son savoir à partir notamment de sa propre activité, de celle de ses pairs et d’une analyse réflexive sur ces activités.

Nous défendons l’idée qu’une formation « rénovée », pour reprendre un terme à la mode, doit impérativement tenir compte d’un certain nombre d’éléments :

  • Une formation personnalisée

La formation de professeurs des écoles doit être personnalisée, elle doit permettre à chacun de suivre un parcours singulier dans un cadre commun et en relation avec d’autres.

  • Une formation qui explore tous les temps

La formation doit nécessairement s’appuyer sur les préoccupations des enseignants et permettre l’analyse « d’expériences décisives » en explorant notamment tous les temps de l’école.

  • Une formation qui n’enseigne pas mais qui permet d’apprendre

L’apprentissage d’une professionnalité est la résultante d’une activité et de son analyse. Cette analyse doit être menée selon différentes modalités : seul et en groupe de pairs sur des situations présentant des éléments de généricité avec les situations vécues par les formés.

  • Une formation de « maçons »

La formation devra viser une reconstruction de la forme scolaire, donc une reconstruction des « gestes du métier