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Publié : 7 février 2014
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Statut des enseignants : "Dépoussiérer des textes datant de 1950"

Statut des enseignants

Article
de Marie-Christine Corbier In Les Echos.fr

EXCLUSIF - Une réunion décisive aura lieu mercredi pour finaliser une réforme a minima. Les tâches réalisées en dehors des cours seront mieux prises en compte.

La réforme du statut des enseignants du second degré est sur le point d’aboutir. - Ian HANNING/REA

La
réforme du statut des enseignants du second degré est sur le point
d’aboutir. - Ian HANNING/REA

Vincent Peillon touche au but. Sa réforme du statut des
enseignants du second degré, très sensible car susceptible de
mettre les professeurs dans la rue, est sur le point d’aboutir. Le
ministre de l’Education souhaite obtenir le feu vert définitif des
syndicats d’enseignants mercredi prochain, jour où ils sont tous
sont conviés au ministère pour clore les discussions engagées en
novembre. Daniel Robin, co-secrétaire général du SNES-FSU, le
syndicat majoritaire, parle d’une réunion « conclusive »,
tandis que le secrétaire général du SE-UNSA Christian Chevalier
prédit que « ça va déboucher ».

Dépoussiérer des textes datant de 1950

L’entourage du ministre, bien que prudent, se dit « en
capacité d’avoir une rédaction »
du contenu de la
réforme. Sauf retournement jugé peu probable, la plupart des
syndicats devraient approuver la réforme. Vincent Peillon a relancé
les négociations stoppées en décembre, après le
report de la réforme des professeurs de classes préparatoires
.
Et a fait en sorte de s’assurer l’accord du syndicat majoritaire,
le SNES-FSU. Restera ensuite à rédiger le nouveau décret, destiné
à dépoussiérer des textes datant de 1950 que de nombreux ministres
par le passé se sont révélés incapables de réformer.

Que va changer le futur texte ? Pas question de toucher aux
fameuses 18 heures ou 15 heures de cours devant les élèves. Trop
explosif. Le texte redéfinit le métier des enseignants en prenant
en compte tout ce qu’ils font en dehors de leurs heures de cours -
travail en équipe, conseil de classe, accompagnement des élèves,
échanges avec les parents... Autant de tâches sur lesquelles les
textes de 1950 étaient muets.

Transparence sur le mécanisme de paiement des heures

« Le nouveau texte ne va pas changer grand chose pour le
travail des enseignants, ni pour les parents d’élèves
,
indique Christian Chevalier. Mais, sur le mécanisme de paiement
des heures, il instaure de la transparence »
. Exemple : tous
les enseignants de première et terminale, qui ont donc des classes
d’examen, auront droit à une compensation, alors que seules
certaines disciplines en profitaient jusqu’ici.

Autre élément important : les tâches facultatives de
coordinateur de disciplines, de référent culturel... ne feront plus
l’objet d’une rémunération au bon vouloir des chefs
d’établissement. « On va mettre un terme à des inégalités
parfois très importantes d’un établissement à l’autre »
,
se félicite Daniel Robin. Les primes liées à ces responsabilités
devraient être payées autour de 1.200 euros par an, sur le modèle
de ce qui existe pour le professeur principal. Le paiement sera
prélevé sur une enveloppe catégorielle annuelle de 30 millions
d’euros. « Les enseignants n’y perdent rien et peuvent y
gagner financièrement »
, poursuit Christian Chevalier.
Tandis que le co-secrétaire général du SGEN-CFDT, Frédéric Sève,
se réjouit d’un texte qui « fait sauter des verrous et
ouvre des perspectives d’évolution du métier ».

Restent quelques exigences syndicales à caler. Le SNES compte,
par exemple, obtenir un allègement de service pour les enseignants
qui travaillent dans deux établissements. Mais aussi avoir des
engagements du ministre sur le collège. « Il faut qu’il
précise comment utiliser les 4.000 postes »
promis, insiste
Frédérique Rolet, co-secrétaire générale du SNES. Qui porte
haut, par ailleurs, les demandes de revalorisation salariale pour
s’assurer le soutien de la base.