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Par : D.R.
Publié : 19 janvier 2014
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Peillon, l'exploit ?

 

Peillon, l’exploit ?

19/01/14 11:05

* Education prioritaire : V. Peillon réussit à satisfaire tout le monde (ou presque).

C’était pas joué, dans cette période perturbée que connait le gouvernement. On s’attendait presque à un nouveau dérapage un peu incontrôlé et cela d’autant plus que ces derniers mois rien ne s’était passé vraiment comme Vincent Peillon le voulait  : mise en suspend de la réforme des statuts, puis carrément recul face au déchainement des associations corporatistes des profs de classe prépa, grogne persistante d’à peu près tout le monde sur les rythmes...
Les annonces sur l’éducation prioritaires étaient donc attendues. Même si le gros de l’affaire avait fait l’objet d’un des groupes de travail,
les arbitrages et mesures précises pouvaient encore en faire réagir certains.

Syndicats in the pocket ?

A peine les annonces faites à la suite du conseil des ministres de mercredi 15/01, force est de constater l’avalanche de communiqués syndicaux plutôt satisfaits. Véritable tour de force pour Vincent Peillon.

On ne s’attendait pas à moins de la part du SE-UNSA, toujours à la pointe du soutien au gouvernent, véritable sousmarin du PS, et qui depuis longtemps à fait son tournant libéralo-éducatif et prône toutes les nouveautés manageriales sous couvert de crise budgétaire et d’économies nous dit-on nécessaire (c’est la crise ma bonne dame). Les annonces sont un « bond en avant » (prélude sans doute à la Révolution culturelle) qui fait de V. Peillon un futur Grand Timonier (voir la déclaration en ligne). « Effort massif pour les territoires » (du calme, c’est moins de 100 millions) « propositions pour travailler autrement », « amélioration des conditions d’exercice » (ah bon ?), « continuum de la maternelle à la fin du collège » (?) ...

Le discours n’est guère différent au SGEN CFDT, et pour les mêmes raisons (communiqué). Il s’agit de valoriser les projets pédagogiques (enseigner bien et simplement n’en est pas un au SGEN) mais le syndicat en veut un peu plus  : l’autonomie et l’innovation, les deux concepts chantres du libéralisme qui ne sait plus où il va (ni pourquoi il y va, mais il y va). De quoi encore toujours affirmer le tournant libéral et le renforcer même.

Pour le SNALC (syndicat fer de lance de la contestation très corpos des profs de prépa, qui braille beaucoup mais qui au final est toujours satisfait), « l’Education prioritaire est [désormais] sur de bons rails  », le syndicat allant jusqu’à dire que les mesures de Peillon reprennent ses propres propositions (faut-il se vanter d’un telle co-gestion ? voir plus bas), en particulier le recrutement d’Assistants d’éducation (cela doit bien suffire pour la populasse de ZEP). Il approuve même le volet ressources humaines du projet, qui marque, on le redira un vrai développement de l’autonomie des établissements (que pour autant ledit syndicat refuse, allez comprendre).

Pour la FSU l’éducation prioritaire est aussi « sur de bons rails », et salue désormais une « politique nouvelle », une « nouvelle ère », un « important effort national » (de redressement ?), « de nature à créer les conditions d’une réelle amélioration des résultats scolaires des élèves  » (communiqué). On y croit donc a fond !Tout juste si les propositions ne reprennent pas intégralement le bilan l’enquête publiée fin décembre par le syndicat. V. Peillon ne pouvait pas espéré mieux de la part de la première fédération de l’Education, bien souvent immaitrisable et versatile (rappel des propos du recteur Forestier).

Bref, fortiche le gars.
Seul dans son coin, SUD éducation relativise clairement ce concert de louanges  : Des miettes pour l’éducation prioritaire, le gâteau pour Dassault. Mais c’est vrai pour F. Hollande " le syndicalisme que l’on doit combattre, c’est celui de SUD" (entretien accordé à SUD OUEST le 26 novembre 2007). Les autres c’est vrai, il semble bien les avoir dans la poche...


Sur le terrain, le moins pire est-il le bien ?

Qu’en pensent les collègues sur le terrain ? Va-t-on voir un afflux d’enseignants chevronnés vers les établissements ECLAIR ?
Si globalement les enseignants ne peuvent qu’apprécier d’avoir 100 € de plus par mois, ce n’est pas pour autant l’enthousiasme généralisé. Cela va-t-il les aider a ne pas faire la police au lieu d’enseigner ? L’éducateur supplémentaire va-t-il pour autant résoudre les problèmes sociaux au coeur de la question des ZEP ?

Quant aux « avancées » salariales, il faut bien les relativiser, et les syndicats ont beau jeu de les valoriser : il faut bien le dire, un certifié expérimenté volontaire en ECLAIR travaillera toujours plus et gagnera toujours moins qu’un agrégé (même sans expérience) blotti au fond de son lycée de centre ville. Ne parlons pas du différentiel de traitement avec les professeurs de classe prépa qui ont assurément des cas sociaux a gérer et qui sont à la limite de la bordélisaiton permanente et du burn-out. Les profs en ECLAIR ou en ZEP ont assurément des associations professionnelles beaucoup moins » performantes »...

Peut-on de plus se satisfaire de recrutement de personnels précaire (Assistants d’Education) pour encadrer des élèves en difficulté (qui demandent donc une attention toute particulière et spécifique) ? C’est rajouter de la précarité à de la précarité (sociale, celle des ZEP) et au final faire peu de cas de la situation des élèves.

Peut-on se réjouir du nouveau « grade » annoncé qui différencie une fois de plus les enseignants entre eux, de quoi alimenter concurrence et compétition, dans un cadre scolaire qui a d’abord besoin de calme et de sérénité ?

Peut-on de la même manière penser que
l’autonomie des établissements (donc le développement de formes de concurrence) concoure à une situation sereine  ? Au mieux cela conduit au renforcement des cadres de pilotage, cadres qui bien souvent ne pilotent pas grand chose. Et Peillon fait sortir là l’inspection par la porte (tant mieux !), mais fait entrer le petit chef par la fenêtre. Est-ce mieux ?

A quoi s’ajoute la variabilité des situations (ECLAIR ou que ZEP) ...

Il faut bien le dire la vraie question est ailleurs et reste toujours la même : quels sont les moyens (et en particuliers humains) que l’on donne a ces établissements ?
Il n’est pas certain (euphémisme) qu’avec cette réforme la République finisse enfin par dépenser autant pour les élèves de ZEP que pour les autres (ne parlons pas des élèves de prépa, ou là la dépense est pharaonique). Que seront les dotations horaires ? Que sera le quotidien des enseignants alors que leur seul vrai problème qui n’est en rien évoqué, est celui du nombre d’élèves dans leur classe.

Mais ça c’est un point dont tout le monde se fiche. Salut.


* Les professionnels du sucre peuvent-ils être des partenaires éducatifs ?

C’est du mois ce que laisse entendre cet accord-cadre de coopération entre l’Education nationale et le CEDUS (centre d’études et de documentation du sucre).
Le CEDUS est la partie émergée de organisme interprofessionnel des industries du sucre en charge d’assurer l’information et la documentation sur un produit agroalimentaire essentiel, le sucre.Et à gros rapport...

Le voilà donc aux yeux de l’Education nationale l’outil efficace pour « faire connaître l’entreprise », « améliorer la qualité des formations professionnelles » . Il devient donc - et toutes les industries du sucre avec - « un centre de ressources », pour apporter une aide à l’orientation, à l’information des familles, voire travaille à la lutte contre la discrimination des métiers (p. 3). Les CIO n’ont qu’a bien se tenir...

Et tout cela en organisation le championnat de France des desserts. Plein de sucre, on imagine...


* La robe à l’Ecole, vêtement militant de soumission à l’ordre naturel ?

La nature première des femmes exige de porter la robe et de laisser le pantalon aux hommes !

Cette forte pensée nous vient d’une enseignante et militante de choc (ancienne figure de proue du mouvement beur dans les années 1980 et par ailleurs cinéaste et romancière), qui après un rapide passage au PC durant sa jeunesse fréquente plutôt maintenant des cercles proches de Radio courtoisie et d’Alain Soral...

C’est précisément sur Radio courtoisie que Farida Belghoul vient de lancer son opération "année de la robe" pour lutter contre la théorie du genre.

« Je m’engage maintenant en tant que mère, en tant qu’enseignante, en tant que femme, en tant que militante à m’habiller selon ma nature première et je serai donc toujours en robe, dit-elle.  » source

S’inscrivant toujours dans le noble combat contre la théorie du genre (théorie qui d’ailleurs, rappelons-le, n’existe pas...), elle vient également de lancer son opération journée mensuelle sans école, relayée par La Manif Pour Tous et le site d’extrême droite de Soral : "Une action nationale pour sauver nos enfants", "Journée de retrait de l’école pour l’interdiction de la théorie du genre dans tous les établissements scolaires" ...

"À partir de janvier 2014, retirons nos enfants de l’école un jour par mois  : choisissez ce jour en concertation avec le comité local dont vous dépendez sans prévenir les enseignants. Vous justifierez l’absence de votre enfant le lendemain par le motif suivant : journée de retrait de l’école pour l’interdiction de la théorie du genre dans tous les établissements scolaires."

stéréotypes

 

Voir en ligne : http://www.le-mammouth-dechaine.fr/...