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Publié : 13 janvier 2014
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D’autres collèges sur la sellette dans le 37 ?

Source : Olivier Pouvreau in la N.R. du 07/01/2014

D’autres collèges sur la sellette ?

Le combat désespéré de parents de Paul-Valéry à Tours.

Après Pasteur et Paul-Valéry à Tours, faut-il fermer d’autres collèges publics en Touraine ? Le conseil général, chargé de leur gestion, est crispé sur le sujet.

Trois établissements neufs à venir

Fermer un, deux collèges ? Inimaginable il y a cinq, dix ans ! Le mouvement est enclenché, malgré le tollé chez des parents, enseignants, élus. Aujourd’hui, beaucoup s’interrogent : « Après Pasteur et Paul-Valéry à Tours, à qui le tour ? » Le président du conseil général, Frédéric Thomas, ne dit plus : « Aucune fermeture, non, jamais. » On y va au coup par coup, au cas par cas. « Fermer n’est pas une politique, pas une fatalité ni une finalité. L’intérêt des élèves avant tout », assure son vice-président à l’éducation, Jean-Claude Landré.

« Laisser les choses en l’état aurait été une mauvaise solution, mais fermer ces collèges sans engager en parallèle un vrai projet refondateur global sur tout le département est un vrai renoncement », s’indigne la FCPE 37.

 " S’attendre au pire "

A la dernière session du conseil général, le 13 décembre, la majorité de gauche a défendu sa position : « Fermer Paul-Valéry n’est pas injuste. Ce collège est à deux arrêts de bus de son voisin Montaigne. » Marisol Touraine : « Il faut s’adapter à l’évolution des populations. » Nicolas Gautreau : « Tous les collèges sont en sous-effectifs sur Tours-Nord. Les enfants apprennent moins bien dans des petites unités. En rural, c’est différent, il faut maintenir des équipements pour des raisons territoriales. » Gérard Gernot : « Nous avons pris une décision extrêmement courageuse ! » Dans l’opposition UMP, Serge Garot leur rétorque : « Assumez vos responsabilités. » Jean-Gérard Paumier prévient qu’il « faut se préparer au pire ». A ses yeux, on est dans une spirale infernale, on vide des collèges de leurs élèves, comme Paul-Valéry, pour mieux mettre la clé sous la porte ensuite et faire des économies de bouts de chandelles.

 Sur les 55 collèges publics du département, les cinq premiers en effectifs cette année : 1. Choiseul à Amboise (793 élèves). 2. Bauchant à Château-Renault (786). 3. Besse à Loches (773). 4. Jules-Romains à Saint-Avertin (690). 5. Raoul-Rebout à Montlouis (647). Les cinq derniers : 1. Léger au Grand-Pressigny (101 élèves). 2. Defferre à Preuilly (139). 3. Baudry à Nouâtre (143). 4. Valéry à Tours (149). 5. Decour à Saint-Pierre (201). Ceux qui sont en suroccupation, dans l’ordre : Neuillé-Pont-Pierre (143 %), Savigné-sur-Lathan (129 %), Fondettes (116 %), Neuvy-le-Roi (110 %), Langeais (116 %). La capacité d’accueil théorique de ces 55 collèges est de 29.770 élèves, pour un effectif réel de 23.524.

repères

> Cent nouveaux habitants sur un quartier n’apporteraient que 3 ou 4 collégiens de plus, selon le conseil général.
 > « On ne fait pas d’économie en fermant un collège puisqu’on réinjecte les crédits dans le budget global existant », affirme Jean-Claude Landré, vice-président du département.
 > Pour 2014, le programme d’investissements collèges et grosses réparations est de 9,6 M€ (millions d’euros), contre 9,5 M€ en 2013. « On est très loin des 200 M€ de travaux sur six ans annoncés fin 2011 », persifle l’opposition UMP-centriste. Dans le passé, les dépenses d’investissement collèges étaient en moyenne de 15,15 millions de 2001 à 2007 (sous l’ancienne majorité de centre-droit), et de 11,3 millions de 2008 à 2012 (actuelle majorité de gauche), « soit – 25,42 % » regrette Serge Garot.
 > Les plans informatique (2014-2017) et énergétique (pour 35 collèges) sont lancés.
> Les collèges propriétés du département : Chinon, Descartes, Fondettes, Nouâtre, Langeais, Ligueil et, sur Tours, Léonard-de-Vinci et Jean-Philippe-Rameau, plus Neuvy-le-Roi et Neuillé-Pont-Pierre depuis septembre. Les autres appartiennent aux communes.

billet

Livre noir

Le Livre blanc 2012 des collèges d’Indre-et-Loire a viré au noir avec la fermeture de deux établissements. « On a le courage de trancher », se défend l’exécutif PS-PC-Verts départemental. Et de ce courage-là, l’ex-majorité UMP-centriste en a manqué avant 2008, se moquent les élus socialistes aujourd’hui aux manettes, dont plusieurs rappellent fièrement leur profession : enseignants. Il faut surtout reconnaître que, si la droite avait touché aux cheveux d’un seul collégien en son temps, la Touraine aurait été à feu et à sang. Ce que la droite ne peut pas faire dans ce domaine, comme dans d’autres d’ailleurs, la gauche le fait. Et c’est bien ce qui génère du malaise et de l’amertume chez beaucoup. Alors, pas de discours hypocrite ni de langue de bois dans les deux camps opposés. « Assumez », a répété le conseiller général UMP Serge Garot à ses collègues socialistes à la session du 13 décembre. Le conseil vaut pour tous.

le chiffre

20 M€

C’est, en millions d’euros, le coût d’un collège neuf. Des partenariats « public-privé » sont prévus en Indre-et-Loire pour financer nombre de ces constructions, « opérations financières à risques, car on verra fleurir ici un collègue Bouygues, là un collège Véolia ou autre », prétend l’élu UMP, Jean-Gérard Paumier. Le département ne peut absorber plus de 10 à 15 M€ de travaux dans les collèges par an selon Marisol Touraine.

la phrase

" Je suis gêné quand je vois des parents d’élèves promener leurs jeunes enfants en poussette ou à pied dans les manifestations "

a déclaré en session publique, vendredi 13 décembre, Patrick Bourdy, vice-président PS du conseil général, élu de Montlouis, en pensant très fort aux parents du collège Paul-Valéry de Tours-Nord qui multiplient les manifestations depuis un mois. De son côté, le conseiller général PS de Tours-Ouest, Nicolas Gautreau, juge « sincères » ces mêmes parents, même s’il ne partage pas leur combat pour sauver leur collège.


 

Article de la NR du 7/01/2014

Trois établissements neufs à venir

 

Infographie NR - Infographie NR

Infographie NR

 

. Hier. L’ex-présidente Claude Roiron avait annoncé la couleur : fermer six collèges à Tours, Joué, Saint-Pierre, Saint-Cyr, Nouâtre, pour n’avoir que des établissements à plus de 400 élèves. L’ « excellence pédagogique » n’interdit pas la rentabilité de l’équipement. Marisol Touraine, dans la foulée, a préféré la méthode douce du « Livre blanc ». Frédéric Thomas, qui leur succède, est chargé de l’ingrate tâche au milieu de la tempête : couper les branches mortes.
2. Aujourd’hui. A Tours, Pasteur a été fermé en juin 2013 pour « manque de mixité insupportable ». Paul-Valéry sera fermé en juin 2014 par manque d’effectif. Douze collèges urbains et ruraux sont à moitié vides (carte ci-contre), dont sept à moins de 50 % de taux de remplissage. Un internat s’est greffé sur La Bruyère à Tours-Nord pour sauver cet établissement lui aussi en danger. Sont mis en réseau les collèges de Nouâtre - L’Ile-Bouchard - Sainte-Maure, fragilisés, alors que les collèges de Richelieu et du Grand-Pressigny sont « couplés » avec leur école primaire locale pour mieux survivre. Le collège de Montlouis fait l’objet d’une bonne toilette, les deux d’Amboise suivront. Reconstruction des demi-pension de Beaulieu à Joué et Montrésor. Engagement de travaux de restructuration à Château-la-Vallière, Château-Renault, Esvres.
3. Demain. Un deuxième internat est prévu à Joué, à l’Arche du Lude peut-être. Le projet d’un collège neuf à Bléré est abandonné, mais deux constructions sont programmées, à Neuillé-Pont-Pierre en 2015-2016, à Azay-le-Rideau avec du retard, en 2017-2018. A Saint-Cyr, un collège neuf remplacerait les deux actuels, qui sont propriétés de la commune (décision assumée et annoncée par le maire). Joué (4 collèges) et Saint-Pierre (3) vont s’accrocher pour ne pas perdre un de leurs établissements. Nouâtre, qui a senti le vent du boulet, veille au grain. Le regroupement des cantons (de 37 à 19 en 2015) va-t-il entraîner d’autres fermetures ? Non, affirme le conseil général, cela n’a rien à voir, le principe avancé du « un canton, un collège » n’a plus lieu d’être. On verra.