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Publié : 5 janvier 2014
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Quand l’Aide Sociale à l’Enfance et France Terre d’Asile expulsent en plein hiver

 Quand
l’Aide Sociale à l’Enfance et France Terre d’Asile expulsent
en plein hiver

La
Feuille de Chou du
24
décembre 2013

à 17 h 15 min by
Durga

Action
collective

Quand
l’Aide Sociale à l’Enfance et France Terre d’Asile expulsent
des mineurs isolés en plein hiver

La
dégradation de la situation des mineur·e·s isolé·e·s et des
jeunes majeur·e·s étrangers, dans de plus en plus de départements
de France, a été maintes et maintes fois dénoncée par le Gisti.
Les motifs de refus pour que ces jeunes soient pris en charge par les
services de l’Aide sociale à l’enfance ne cessent de se
multiplier : contestation de leur minorité, de leurs documents
d’état civil, de leur isolement effectif… Rien d’étonnant
dans ce contexte à ce que naissent des mouvements à l’initiative
de ces jeunes dont on dénie le droit à la protection qui leur est
due.

Vendredi
20 décembre, 6 mineurs isolés étrangers, hébergés jusqu’alors
par le dispositif de mise à l’abri du 5 rue Stendhal (DMA
Stendhal) dans le 20e arrondissement de Paris, se sont vu signifier,
sans doute en guise de cadeau de Noël, leur exclusion de ce foyer.
Cette décision revient à jeter ces jeunes isolés à la rue, sous
48 heures, mettant ainsi leur santé et leur vie en danger. En
pleines fêtes de fin d’année, la trêve hivernale ne semble pas
devoir s’appliquer pour ces “présumés majeurs”. Cette mesure
inhumaine ne fait que donner un coup de projecteur sur les conditions
d’accueil inacceptables et dramatiques que réserve notre pays à
ce public particulièrement vulnérable et méconnu.

A
l’appel de la CGT et d’associatifs, un rassemblement a été
organisé le jour même à 14 h, regroupant jeunes du foyer, membres
d’associations, d’organisations politiques et syndicales,
travailleurs sociaux, professeurs de ces jeunes et citoyens de
l’arrondissement. Le Directeur Général de France Terre d’asile,
association responsable de la gestion de ce dispositif dépendant de
l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE), s’est adressé aux personnes
rassemblées et s’est engagé :

  • à
    ce que les jeunes concernés ne soient pas mis à la rue d’ici les
    15 prochains jours ;

  • à
    demander à l’ASE d’organiser durant ce sursis une rencontre
    réunissant l’ASE, l’association France Terre d’asile, des
    représentants des jeunes du DMA , ainsi que les associations,
    syndicats, organisations, partis engagés dans la défense des
    droits des jeunes étrangers – et en premier lieu dans la défense
    de leur droit au logement.

Les
jeunes menacés aujourd’hui d’expulsion sont en fait depuis des
mois dans ce centre d’hébergement qui ne devrait en principe les
accueillir que pour la brève période nécessaire à l’organisation
de leur prise en charge effective et pérenne. Or les jeunes placés
au centre Stendhal y restent bien souvent des mois durant, sans que
soient prévues pour eux ni scolarisation ni activités sportives ou
éducatives, ni sorties, ni autre soutien psychologique que celui que
peuvent apporter des travailleurs sociaux en grave sous-nombre.

Un
représentant syndical s’est exprimé pour dénoncer les conditions
de travail et d’accueil au sein du DMA Stendhal, soulignant les 15
démissions enregistrées depuis 6 mois, dénonçant les moyens
humains inadaptés – 2 travailleurs sociaux pour 75 jeunes, et les
conditions d’hygiène et de sécurité déplorables. Les salariés
réclament des moyens pour mener à bien la mission éducative qui
leur est confiée ; ils souhaitent que la Ville de Paris,
financeur de ce foyer, mette en place un audit de fonctionnement ;
enfin, ils demandent que l’ASE cesse ses pressions sur les jeunes
scolarisés, et lève l’interdiction qui leur est faite d’aller à
l’école.

Les
organisations et les citoyens, désormais engagés dans cette
démarche, affirment leur volonté de continuer à exercer leur
devoir de vigilance, non seulement pour que soient tenues les
promesses faites à l’issue du rassemblement du 20 décembre, dont
la prolongation de l’hébergement des six jeunes aujourd’hui en
danger, mais au-delà, pour une véritable remise à plat des
conditions d’accueil, de protection et de respect des droits des
jeunes isolés étrangers.

24
décembre 2013

Signataires : CGT
action sociale, ADMIE, FASTI, GISTI, MRAP, RESF, Syndicat de la
magistrature, bénévoles de l’ADJIE

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