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Publié : 22 mars 2013
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Une lutte qui ne perd pas le rythme

Une lutte qui ne perd pas le rythme

Région parisienne
vendredi 22 mars 2013
 


La contestation s’organise

Au mois de décembre la lutte contre la réforme des rythmes scolaires s’enclenche. Le mercredi 19 décembre, une manifestation à l’appel de l’Intersyndicale complète (Sud, FO, SNUipp, CNT, UNSA, CGT) a réuni plusieurs centaines de personnes dans le froid entre la Sorbonne et la mairie de Paris. À Paris a lieu une Assemblée Générale centrale qui réunit des centaines de personnes ainsi que des AG d’arrondissements, notamment dans des quartiers qui d’habitude sont extrêmement calmes. L’AG parisienne appelle à une grève dès la rentrée de janvier.

Dans les Hauts-de-Seine, l’école maternelle Henri Wallon de Gennevilliers a appelé les collègues à faire grève le 18 décembre. Les syndicats Sud éducation 92 et CGT éduc’action 92 ont tout fait pour donner le plus d’écho possible à cette journée. Ils ont organisé une Assemblée Générale pour que le mouvement continue en étant contrôlé par la base. Cette A.G. a réuni plus d’une cinquantaine de personnes (sur au moins 120 grévistes) et a décidé d’un nouveau débrayage le 17 janvier. Le nombre de grévistes ce jour-là est encore plus grand (plus de 170). Ils décident de rejoindre les collègues parisiens qui feront leur première grève le 22 janvier.

Ce 22 janvier, la grève à Paris est historique ! 90% de grévistes à l’appel de l’Intersyndicale parisienne unitaire. Certaines écoles sont fermées pour la première fois depuis mai 68… Le mouvement grandit dans les Hauts-de-Seine (230 grévistes à l’appel des syndicats Sud et CGT). Elle mord aussi en Seine-Saint-Denis avec plusieurs écoles fermées, ainsi que dans d’autres départements. Environ 350 personnes (dont 50 du 92 et d’autres du 93) se réunissent à la Bourse du travail de Paris et décident d’appeler à une grève nationale début février.

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Contre la réforme des rythmes scolaires

Le 12 février : une grève réussie

Une intersyndicale nationale composée par Sud, CGT, FO, CNT, FAEN décide d’appeler à la grève le 12 février sur plusieurs mots d’ordre : abrogation du décret mais aussi retrait du projet de loi de refondation. Devant la réalité du terrain et la volonté de la base d’être en grève, le SNUipp finira plus tard par appeler sur ses propres mots d’ordre, en organisant parfois AG, rassemblements ou cortèges séparés demandant une « politique ambitieuse pour l’école », c’est-à-dire des amendements à la refondation et au décret sur les rythmes. à Paris, le SNUipp et l’UNSA ne peuvent pas se permettre de sortir de l’intersyndicale et des AG de grève qui demandent l’abrogation et le retrait des projets. L’UNSA refuse d’appeler à la grève nationalement ce jour. Quant à la CFDT, elle soutient ouvertement la réforme… L’unité intersyndicale parisienne semble être assez unique sur l’ensemble du territoire.

Pourtant la grève nationale du 12 février est incontestablement très réussie. Le taux de grévistes est important : plus de 60%, près de 80% à Paris et dans les Hauts-de-Seine. La manifestation se termine tout près du ministère de l’Éducation nationale où les CRS envoient des bombes lacrymo sur des enseignants atterrés d’être gazés sous un gouvernement prétendument de gauche …

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Rythm & blues

Une mobilisation très large

Pour autant la mobilisation en cours est atypique. Ce mouvement touche toute l’organisation de l’école et des familles : les enseignants, les personnels techniques, les animateurs, l’organisation des temps partiels, les disponibilités des locaux, les liens avec les autres établissements du quartier (école élémentaire et maternelle, collège…). Sur Paris, les personnels des conservatoires, des centres d’animation, des bibliothèques, les administratifs vont être à leur tour fortement touchés. On modifie les missions, on bouleverse les vies, on aggrave les conditions de travail sans consulter les personnels concernés sur les conséquences professionnelles, tant matérielles que pédagogiques et sur les conditions des salariés.

À Paris - contrairement au 92 - ce mouvement est mené plus par une intersyndicale unitaire que par les AG de grève. La question de la reconduction ne s’est pas imposée alors que le rythme des rendez-vous de mobilisations est aussi soutenu qu’en grève reconduite : réunion publique, AG de secteur, rencontre avec les parents dans les écoles, création de collectifs de parents, manifs… Les réunions publiques organisées par la mairie de Paris devaient constituer la pseudo concertation de la mairie. Elles seront surtout les moments d’opposition réelle et directe entre la mairie et les enseignants parisiens, les parents, les personnels de la ville opposés au projet municipal avec une détermination sans faille.

C’est là