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Publié : 8 octobre 2013
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RYTHMES SCOLAIRES : CRILLON, 1ère commune qui abandonne la réforme

article du Courrier Picard de 5/10/2013

  Crillon abandonne la semaine des quatre jours et demi

 

Un cas unique dans l’Oise : la commune, qui avait mis en application la réforme des rythmes scolaires, vient de faire marche arrière. Rendez-vous en 2014.

Johann faisait partie des parents d'élèves en colère : il considère que la réforme a été appliquée à la hâte.

L’expérimentation aura duré quinze jours. Deux semaines seulement après la rentrée des classes et la mise en application de la réforme des rythmes scolaires, le regroupement pédagogique intercommunal de Crillon, Haucourt, Vrocourt et Martincourt, a décidé lundi 16 septembre d’abandonner pour cette année la semaine des quatre jours et demi. Les animateurs d’arts plastiques, de langue anglais et d’initiation à l’informatique ont été remerciés. Un cas unique dans l’Oise : le fruit d’une conjonction de facteurs négatifs.
 

  1ABSENCE DE CONCERTATION ET MOBILISATION DES PARENTS.

Dès l’annonce - au mois de mai dernier - de l’application en 2013 de la réforme des rythmes scolaires, les parents d’élèves sont montés au créneau. Ils reprochaient alors à Evelyne Bénard, présidente du regroupement scolaire, une application « sans concertation » de la réforme. Une pétition de 66 signatures - sur 70 élèves - , puis une manifestation devant l’inspection académique...

À la rentrée, la mobilisation n’a pas faibli. Les paren ts d’élèves contestataires ont mis le doigt sur « des problèmes d’insécurité : ils étaient seulement trois accompagnateurs pour escorter une cinquantaine d’enfants jusqu’à la salle des fêtes de Crillon. Les animateurs du périscolaire, nous ne les connaissions pas. On ne sait pas s’ils étaient diplômés. Ils n’avaient même pas le numéro de téléphone des parents », se souvient Vanessa Bourdet, sûre que la mobilisation des parents a permis de faire reculer l’administration.
 

  2DES HORAIRES IRRÉGULIERS.

La présidente du regroupement scolaire affirme avoir dû abdiquer à la demande de l’inspection académique, « qui n’a pas validé les horaires que nous avions arrêtéS. » Jusqu’au 16 septembre, Crillon faisait, en effet, partie d’une petite minorité de communes qui ont appliqué la réforme dès 2013 avec des horaires dits irréguliers. En clair les enfants quittaient tous les jours à 15 h 30. Suivait une heure de périscolaire... sauf le vendredi, les enfants quittaient alors à 16 h 30, sans périscolaire.

Pourquoi ? « La salle des fêtes de Crillon était occupée le vendredi », se souvient Evelyne Bénard. Précisément, elle est louée « trois week-ends sur quatre en général, dès le vendredi midi, 250€ par week-end, c’est une ressource non négligeable pour la commune », explique Gérard Forestier, adjoint et gestionnaire de la salle.

Quant à rediriger les enfants chaque jour de la semaine vers la salle périscolaire de Martincourt - où ils déjeunent déjà le midi - : « C’était impossible, Martincourt est à 2 km, le conseil général a refusé de changer les horaires de transport de car », poursuit Evelyne Bénard. Elle n’avait donc pas le choix. Celle qui entame la dernière année de présidence tournante, entendait bien ne pas « laisser le bébé de l’application » à son successeur. Raté.
 

  3LE NON-RESPECT DES ENGAGEMENTS

Aux yeux de la direction académique de l’Oise, le regroupement pédagogique et sa présidence sont les seuls responsables de cet échec. Evelyne Bénard n’aurait pas respecté les engagements «  pris et contresignés au printemps », avec Elisabeth Laporte, ancienne directrice académique.

Que prévoyaient-ils ? Des horaires réguliers, justement ce que préconise la direction académique de l’Oise, « parce que c’est plus facile à gérer. » Mais entre-temps, le RPI de Crillon aurait opté pour des horaires irréguliers. Sur 45 communes de l’Oise, qui ont mis en application dès 2013 la réforme des rythmes scolaires, seules 9% ont opté pour des horaires irréguliers. La direction académique est formelle : elle n’impose rien - pour 2013 - à ces communes. Mais elle demande à toutes « de respecter leurs engagements », conclut Emmanuel Roy, le nouveau directeur académique.
 

MATTHIEU HERAULT