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Publié : 2 avril 2013
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Ne nous résignons pas aux régressions

Ne nous résignons pas aux régressions

Quelles perspectives après la grève du 28 mars ?

mardi 2 avril 2013

 

Après l’importante grève du 12 février, les fédérations FNEC-FP-FO, FERC-CGT, SUD éducation et FTE-CNT appelaient à une nouvelle grève nationale de toute l’éducation le 28 mars. Malgré des disparités géographiques, la mobilisation a été en baisse, en-deçà du rapport de force nécessaire pour obtenir satisfaction sur les revendications, en particulier l’abandon du projet de loi d’orientation sur l’école et l’abrogation du décret sur les rythmes scolaires. Ce niveau de mobilisation ne permet pas d’envisager à court terme des suites sous la même forme et avec les mêmes objectifs. Pour autant, il n’est pas question de se résigner aux régressions tous azimuts que le gouvernement et le patronat veulent imposer.

Nous en avons vite fait le constat : la « refondation » annoncée n’en a que le nom faute de rupture avec les politiques précédentes. Programmation budgétaire insuffisante sous contrainte d’austérité, maintien de la plupart des contre-réformes de la droite, développement de la précarité, refus de titulariser les précaires, blocage des salaires, poursuite de la dégradation des conditions de vie et de travail, accentuation du démantèlement du service public via la territorialisation, le tout inscrit dans la continuité du projet d’adapter toujours davantage l’école à l’économie néolibérale.

SUD éducation n’aura pas ménagé ses efforts pour construire la mobilisation la plus large. Dès l’automne, nous avons proposé avec insistance à toutes les organisations syndicales de se réunir en vue d’engager des mobilisations pour que les « concertations » et « négociations » ne se déroulent pas sans l’intervention des personnels. Nous n’avons eu de cesse de créer les conditions de l’unité dans la lutte. Depuis le départ de la concertation, dans ses expressions propres et dans les cadres intersyndicaux, SUD éducation a mis en évidence la nécessité d’une lutte globale et inter-catégorielle contre la politique scolaire du gouvernement et cherché à éviter la focalisation sur la seule question des rythmes.

Les organisations majoritaires ont refusé la construction d’un rapport de force. Le SGEN-CFDT et l’UNSA ont soutenu le ministère et ses projets, en votant pour la loi d’orientation, en refusant de s’opposer au décret sur les rythmes, en ne participant à aucune réunion intersyndicale de mobilisation. La FSU et ses syndicats (SNES, SNUIPP, SNUEP, SNEP…) se sont contentés d’émettre des critiques circonscrites et mesurées, se sont abstenus sur la loi d’orientation, ont refusé de construire des mobilisations pour imposer les revendications, ont divisé les luttes et les personnels.

Après avoir voté contre le projet de loi et contre le décret sur les rythmes, les fédérations SUD éducation, FO et CGT ont décidé de proposer à tous les personnels la grève le 12 février, avec la CNT et la FAEN, pour une amélioration des conditions de travail et de rémunération, pour l’abandon du projet de loi d’orientation sur l’école, pour l’abrogation du décret sur les rythmes scolaires. La FSU a refusé de se joindre à cet appel. Le SNUIPP a ensuite décidé d’appeler les seul-e-s enseignant-e-s du primaire à la grève, et sur ses propres bases revendiquant uniquement le report et la réécriture du décret sur les rythmes. Cette grève a été massive, en particulier dans le 1er degré. Elle aura permis de témoigner d’une capacité importante de mobilisation et de mettre à nu la méthode du ministère : passer en force malgré l’opposition des personnels. Cette grève qui explique en partie le report à 2014 de la contre-réforme dans 75% des municipalités, n’aurait pas eu lieu sans l’appel des fédérations SUD, FO, et CGT.

Il était de la responsabilité des syndicats de donner à la mobilisation du 12 février un prolongement par la grève avant fin mars. De nombreuses AG de grévistes avaient exprimé cette attente. C’est ce qu’ont proposé les fédérations SUD, FO, CGT et CNT. La FSU et ses syndicats ont refusé d’envisager tout appel à la grève. La FSU a proposé uniquement aux autres organisations de s’associer à un appel à manifestation nationale le samedi 6 avril, sur une plateforme imposée ne comprenant ni l’abrogation du décret sur les rythmes scolaires, ni le retrait du projet de loi d’orientation sur l’école.

En refusant d’appeler à la grève et en décidant unilatéralement un appel à une manifestation le 6 avril, la FSU et ses syndicats ont cassé la dynamique naissante et créé une situation de concurrence des initiatives qui a été démobilisatrice. Cette opération est loin d’avoir été sans conséquence par exemple sur le niveau de mobilisation du 28 mars. S’il était de notre devoir de proposer cette grève, nous prenons acte que les personnels n’ont pas massivement répondu à l’appel de nos fédérations.

La manifestation de la FSU du samedi 6 avril ne s’inscrit pas dans la construction d’un rapport de force : nous n’en serons pas. Une telle manifestation nationale ne pourrait avoir de sens que dans le cadre d’une dynamique de mobilisation et de grèves, non comme un événement sans avant ni après. Cette initiative isolée, sans perspective, est une opération d’auto-affirmation d’une organisation qui a montré qu’elle refusait de construire un bras de fer avec le ministère pour imposer les légitimes revendications des personnels. Les quelques milliers ou dizaines de milliers de manifestant-e-s du 6 seront bien peu de chose comparés aux centaines de milliers de grévistes du 12 février. Aucune autre fédération ne s’est d’ailleurs associée à cet appel.

Pourtant, il y a toutes les raisons de construire un rapport de force, car ce sont toujours les mêmes politiques qui sont à l’œuvre dans le privé et le public. Politique sécuritaire de répression sociale et anti-immigré-es, austérité budgétaire, augmentation de la TVA et réduction des dépenses publiques (État et protection sociale), « réformes structurelles » cassant les droits des t