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Publié : 4 novembre 2016
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Nouvelles de la semaine du 04/11/2016

C’est la rentrée (encore)…Le Ministère fait du zèle communicationnel : finie la pénurie de remplaçants, finie l’école à deux vitesses… Enfin des moyens pour l’éducation...Hum…

1) La réforme du lycée : copier-coller de la réforme du collège…Mêmes conséquences attendues !

Alors que le ministère n’a publié aucun bilan de la précédente réforme du lycée, François Hollande a déjà annoncé le 1er septembre 2016 que " le lycée doit être la prochaine étape des réformes, général et professionnel".

Des enseignants de collège sont déjà invités à vanter la réforme du collège à leurs collègues de lycée. Petit texte pour argumenter face à vos collègues de lycée, et leur présenter la réforme sous l’angle le plus objectif possible.

La Réforme améliore-t-elle les conditions d’apprentissage des élèves ?

La réforme prévoit de nombreux dispositifs qui se veulent « innovants ». Les EPI sont des projets interdisciplinaires décidés par le Conseil Pédagogique : aucun temps de concertation n’est dégagé, pas de moyens non plus pour de la co-intervention. Ils allongent donc le temps de travail.

Pour l’AP, accompagnement personnalisé en classe entière, il n’y a pas non plus d’horaire dédié : chaque enseignant doit la mettre en pratique dans sa classe, donc sur sa discipline. Sans parler de la liaison entre la 6ème et l’école école élémentaire, lien nécessaire qui se fait sans temps supplémentaire non plus.

 

La Réforme permet-elle plus de liberté pédagogique des équipes ?

La Réforme renforce encore l’« autonomie » de chaque établissement. Ils ont le choix de moduler des horaires disciplinaires à l’intérieur de chaque cycle. Ils ont aussi le choix de la ponction sur les horaires disciplinaires pour réaliser les AP et EPI qui ne disposent pas d’horaires fléchés. C’est le Conseil Pédagogique, présidé et nommé par le chef d’établissement, qui fait ces choix, qui sont ensuite votés en CA. Le chef d’établissement a donc plus de liberté pédagogique, pour les équipes rien n’est moins sûr.

 

La réforme permet-elle de réduire les inégalités scolaires ?

Moduler des horaires disciplinaires en 5e, 4e et 3e dans une même discipline signifie que les horaires peuvent être répartis indifféremment sur les trois années en fonction de la décision du CA. C’est la mise en place de parcours différents en fonction des établissements.

La mise en place d’une marge d’autonomie entraîne aussi un renforcement des inégalités dans l’offre de formation. Tel collège « difficile » a choisi de dédoubler les heures d’AP, tandis que tel collège « de centre-ville » propose des enseignements de complément disparus des grilles horaires (latin, grec …).

 

N’hésitez pas à nous faire parvenir vos témoignages concernant la mise en place de la réforme dans les collèges, ou sur les informations qui peuvent se dérouler dans les lycées.

 

 

2) Annonce ministérielle : le remplacement va aller mieux !!! Ouf, quel soulagement !

Même si l’enseignement demeure un des domaines de la fonction publique où les absences sont rares, le système de remplacement ne fonctionne pas, entrainant une surcharge de travail pour les collègues présents et des « blancs » dans la scolarité des élèves. Le Ministère annonce donc une remédiation à ce problème, sans même en interroger les raisons : absence de médecine du travail efficace, dégradation des conditions de travail, augmentation du nombre de tâches et de missions, effectifs chargés dans les classes…

Inspections et rectorats considèrent qu’un remplacement est efficace dès lors qu’un-e remplaçant-e est nommé-e. Que les remplaçants soient affectés sur plusieurs établissements dans le second degré avec des emplois du temps incompatibles, et parfois hors-discipline, n’entre pas en compte. Que dans le premier degré, les collègues soient parfois appelés au cours d’un remplacement dans une autre école pour un remplacement jugé « plus » prioritaire, cela n’entre pas non plus en ligne de compte. La continuité pédagogique n’est pas une priorité.

Amener les remplaçant-e-s à intervenir sur une zone bien plus large contribue à augmenter très significativement les temps de route et dégrade les conditions de travail pour des personnels dont la situation est déjà, par leur statut, souvent compliquée.

Dans le second degré, le Ministère propose de remplacer en interne. Ce dispositif n’est pas nouveau, basé sur le « volontariat », ce système ne peut fonctionner auprès de collègues dont les missions supplémentaires ne cessent de croitre. De plus, les emplois du temps sont rarement compatibles.

Il semblerait que l’effet d’annonce soit la solution aux problèmes. Il suffit de dire pour que cela se fasse. Sans moyens supplémentaires, et sans amélioration réelle des conditions de travail, les absences continueront à peser sur le système scolaire. Et nous doutons fortement que ces propositions améliorent le statut des remplaçants.

 

3) Touche pas à ma ZEP ! Grève le 17 novembre.

Lancée en mai par plusieurs lycées généraux, technologiques et professionnels, la mobilisation regroupe désormais des dizaines d’établissements qui ont signé l’appel « Touche pas à ma ZEP » dans les académies d’Aix-Marseille, Amiens, Créteil, Grenoble, Montpellier, Nancy-Metz, Orléans-Tours, Toulouse et Versailles. La mobilisation continue de s’amplifier, avec des taux de grévistes de plus de 80% dans certains établissements, et un appel à la grève nationale le 17 novembre.

Dans notre département, il n’y a pas de lycée ZEP, mais dans notre académie, de nombreux établissements sont concernés. Soutenons-les.

Agenda :

Les CAO (Centre d’accueil et d’orientation) de Saint-Pierre-des-Corps, de Joué-lès-Tours et de Chinon ont accueilli des réfugiés de Calais. De nombreuses actions de solidarité se mettent en place pour leur apporter du soutien. RESF, Chrétiens Migrants et la Cimade sont notamment associés à ces actions.

Vendredi 11 novembre  : rassemblement anti-militariste, « la guerre à la guerre », à 10h, parvis de l’université des Tanneurs, à Tours.

Jeudi 3 novembre  : oui, c’est passé, mais avez-vous fait un effort pour la « journée nationale de la gentillesse » ?