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Publié : 14 octobre 2016
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Les nouvelles de la semaine du 14/10/16

Cette semaine, nous souhaitons la bienvenue à nos nouveaux collègues précaires : les services civiques. Et nous vous expliquons comment le ministère essaye de dématérialiser les enfants de trois ans.

  1. Tu n’es pas ATSEM, tu n’es pas AED, tu n’es pas prof, tu n’es pas EJE, mais alors tu es quoi ?

Tu n’es rien. Tu es précaire. Tu es payé 446,65 euros. Tu es jeune. Tu as une aide aux repas et aux déplacements de 101,68 euros. Tu travailles 24 heures par semaine. Tu es indemnisé. Tu ne cotises pas pour ta retraite. Tu ne touches pas les Assedic. Tu n’es pas chômeur. Tu es un service civique dans l’éducation nationale.

Les services civiques se mettent en place dans nos établissements. Ce sont des jeunes (chômeurs ou étudiants) âgés de 16 à 25 ans. Ils sont donc placés dans nos établissements à la demande des directeurs, des équipes, des principaux ou proviseurs, pour une durée de 6 mois à 1 an. Leurs missions varient selon le type d’école qu’ils intègrent. Petit relevé non exhaustif de ceux actuellement en poste en Indre-et-Loire :

  • Ecole maternelle : aide à la bibliothèque, habillage des élèves, accueil au portail, ils ne sont ni ATSEM, ni EJE.
  • Ecole élémentaire : aide à la bibliothèque, aide aux élèves, ils ne sont pas AVS, ni EVS.
  • Collège : vie scolaire, aide aux élèves, ils ne sont pas AED, ni AVS.

L’aide aux élèves se veut pédagogique, mais n’étant pas formés, ils ne doivent pas avoir d’élèves en charge avec de grandes difficultés ou des problèmes de comportement. Enfin, ils ont des tuteurs au sein des établissements qui doivent les aider à construire leur projet professionnel. Mais non, pas des Conseillers d’Orientation Psychologues, juste des personnels de direction surchargés qui s’embêtaient.

Dernière remarque avec l’exemple d’un cas concret :

E. a 24 ans, elle touchait 860 euros d’Assedic. Prise en service civique, elle ne touche que 577 euros, et ne touche plus la prime à l’emploi…Mais elle sort des chiffres du chômage. Que demander de plus ?

  1. Mon cahier de vie virtuel ou comment suivre la scolarité de mon enfant de trois ans via mon écran d’ordinateur…

Nous le savons, ou du moins sommes censés le savoir : l’école fait son entrée dans l’ère numérique. C’est le domaine mis en avant depuis la rentrée. L’informatique (enfin les TIC) n’est plus une fin en soi, mais un outil au service de tous les apprentissages. Et même l’outil idéal pour la relation école/famille. Dans les dernières formations du cycle 1, il a dont été proposé de remplacer cette aberration archaïque, qu’est le cahier de vie. Vous savez, le cahier dans lequel on colle les photos des activités, les dessins de nos chérubins, les petites phrases dictées à l’adulte narrant la vie de tous les jours dans la classe, les chansons, et autres scories d’une vie quotidienne d’élève. Et bien oui, on le remplace par un ENT, où nous pourrons bien sûr scanner les dessins (sur notre temps personnel…) et autres productions, mais l’espace dédié sera-t-il suffisant ? Parce que, si vous êtes dans le secondaire, ou parent d’un élève du secondaire, vous savez à quoi ressemble la plateforme numérique. L’inspection nous vante les mérites de cet espace virtuel : réactivité, informations pratiques, liaison simplifiée. Et quand on évoque la fracture numérique (vous savez, le fait que nous ne sommes pas tous connectés 24h/24 à un ordinateur connecté lui-même à Google), on nous répond que nous ne connaissons pas le monde moderne. Quand on évoque le fait de vendre l’école aux multinationales de l’internet mondial, on nous répond que c’est la marche du progrès. Quand on évoque le fait que le dialogue fonctionne mieux en face-à-face, on nous rétorque que le tweet est bien plus efficace en termes de communication immédiate.

Alors, c’est décidé, puisque nous sommes en marche vers un monde meilleur, je commence à penser que la prochaine étape sera ma propre dématérialisation. Je vous préviendrai par pigeon voyageur lorsque je deviendrai un pixel…

  1. La suppression des APC : un combat de SUD éducation depuis 2008

Les Activités Pédagogiques Complémentaires (APC) instaurées par la réforme Peillon des rythmes scolaires sont les héritières directes du dispositif d’Aide Personnalisée (AP). L’AP avait été mise en place lors de la précédente réforme des rythmes scolaires initiée par Darcos en 2008. En supprimant le samedi matin et deux heures d’enseignement hebdomadaire pour les élèves, Darcos ne voulait pas faire cadeau de ces heures aux enseignant-e-s. Il a introduit dans les obligations de service des PE 60 heures annualisées pour un dispositif d’aide personnalisée que nous avons immédiatement combattu. Un mouvement de « résistance pédagogique » s’est développé en 2008, notamment à travers des actions de désobéissance qui consistaient entre autres à ne pas faire l’AP et à résister au démantèlement des RASED. SUD éducation n’a pas tergiversé et a apporté nationalement et sur tout le territoire son soutien à cette résistance, en agissant pour sa généralisation et en soutenant les enseignant-e-s. Nous n’avons pas attendu l’automne 2016 pour agir.

  • En 2008 comme en 2016, objectif : asphyxier les RASED

Hier comme aujourd’hui, le ministère explique que ces dispositifs d’AP ou d’APC apportent l’aide directe suffisante aux élèves en difficulté en les comparant avec l’offre des nombreuses officines privées qui se sont inscrites dans ce créneau, hautement lucratif, de l’aide personnalisée et que la véritable mission des RASED est circonscrite à la très grande difficulté scolaire. Les RASED ont complètement été démantelés par la suppression de 5000 postes sous la présidence Sarkozy. Malgré les engagements la main sur le cœur du candidat Hollande, ils n’ont pas du tout été restaurés depuis. Et leurs missions sont dénaturées dans les « pôles ressource » de circonscription qui font disparaître les missions de prévention et de remédiation des RASED pour les réduire à des missions de diagnostic et d’expertise qui ne profitent que très marginalement aux élèves étant donné l’absence de moyens alloués.

  • Un dispositif inefficace et stigmatisant

Le discours démagogique en direction des parents et de la société vend l’aide personnalisée comme la panacée universelle pour résoudre les difficultés des élèves. Pourtant, ainsi que l’ont confirmé de manière unanime les chercheurs et chercheuses ayant contribué au récent rapport du CNSECO sur les inégalités scolaires, ajouter dans ces conditions des heures dans la journée d’école à des élèves qui n’en peuvent déjà plus, notamment à cause des deux dernières réformes des rythmes, est non seulement inutile mais souvent contre-productif, malgré tous les efforts que font les enseignant-e-s pour tirer quelque chose de ces injonctions institutionnelles.

  • Le temps de travail des PE explose

En moyenne, les enseignant-e-s du primaire travaillent plus de 44 heures par semaine. Et les professeur-e-s des écoles débutant-e-s travaillent plus de 52 heures par semaine. Alors oui, la réduction du temps d’enseignement effectué par les PE est une urgence. Les 108 heures sont largement dépassées, même sans faire les APC. Les temps de réunion et de rencontres se multiplient. L’accueil des élèves avant la classe n’est décompté d’aucune des obligations réglementaires de service. Boycotter les APC, c’est encore travailler trop !

Agenda :

Cet automne : nous n’avons pas la date, le gouvernement n’a pas communiqué son calendrier, mais la ZAD de Notre-Dame-des-Landes sera évacuée. Nous vous tiendrons au courant.

Goodyear : rassemblement les 19 et 20 octobre à Amiens, départ possible de Blois et de Paris.

Les vacances de la Toussaint : nous ne vous rappelons pas la date, vous devez la connaître.

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