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Publié : 29 août 2013
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" Les salariés de Joué se battront pour leur avenir "

Voir ci-dessous l’article de "La Nouvelle République" du 29 août 2013.

" Les salariés de Joué se battront pour leur avenir "

C’est aujourd’hui que s’ouvrent les négociations autour du Plan de sauvegarde de l’emploi. Le point avec Olivier Coutant, secrétaire du comité d’entreprise.

Trois mois après l’annonce choc de la suppression de 726 postes à l’usine Michelin, une trentaine de personnes (1) sont réunies depuis ce matin, 8 h 30, à l’Espace Clos Neuf de Joué-lès-Tours. A l’ordre du jour, l’« accompagnement social sur le site Michelin » comme le précise la direction dans un courrier adressé aux organisations syndicales. D’ici la fin novembre, les différents acteurs se retrouveront trois fois par mois avec en plus, un comité central d’entreprise extraordinaire le 11 septembre.

Olivier Coutant (Sud), secrétaire du CE, espère que les négociations seront « à la hauteur du préjudice subi ».

Quel est l’objet de cette première réunion ?

« Nous allons aborder quatre sujets : les mobilités interne et externe, les salariés restant sur le site (2) et les mesures pour l’accompagnement des fins de carrière. Nous souhaitons également parler des personnes handicapées, qui représentent 12 % des salariés à Joué. Il faut que Michelin les reclasse correctement. »

Comment avez-vous préparé ce rendez-vous capital pour l’avenir des salariés ?

« Nous avons souhaité que l’ensemble du personnel participe. Nous avons distribué des tracts, recueilli les avis ; cela nous permettra de présenter demain (ndlr : aujourd’hui) un cahier de revendications. Nous avons également organisé trois réunions d’information lundi réunissant 600 personnes. »


Comment jugez-vous les propositions actuelles de la direction ?

« Très insuffisantes. Elles sont inférieures au dernier plan social de 2009 qui avait vu le départ de 350 salariés mais uniquement sur la base du volontariat. Ce PSE de 2009, c’est notre base de départ pour la négociation. »

Allez-vous faire d’autres propositions ?

« Oui, nous allons proposer une alternative. Il s’agit de repousser l’échéance du plan social à 2019-2020. Dans ces conditions, 550 personnes bénéficieraient des mesures d’âge contre seulement 250 en 2014. D’autre part, cela donnerait plus de temps à ceux qui souhaitent bouger en interne ou se reconvertir. Si rien ne change, les premières propositions de reclassement auront lieu en décembre pour une première vague de mutations au premier trimestre 2014, c’est trop rapide. Il faut donner plus de temps aux gens. On part au plus haut pour la négociation, la direction au plus bas, il va falloir trouver un point de convergence. »


Dans quel état d’esprit sont aujourd’hui les salariés ?

« Après l’annonce du plan en juin, ils étaient abattus notamment parce qu’ils ont appris la nouvelle par la presse. Puis est venu le temps des questions : " Comment un groupe comme Michelin avec 1,6 milliard de bénéfices en 2012 et une croissance de plus de 6 % peut prendre une telle décision ? " Dans la foulée, les arrêts de travail ont augmenté. Aujourd’hui, l’état d’esprit est différent. Les salariés n’ont plus rien à perdre et veulent se battre. »

(1) Alain Braud, directeur des relations sociales France, Armel Jahan, nouveau directeur des ressources humaines à Joué-lès-Tours et le responsable du personnel représenteront la direction. Côté syndicats, la CFDT, Sud, la CGT, la CGC, FO et l’Unsa seront présents. (2) Environ 200 salariés doivent rester sur le site pour notamment une activité de calendrage (étanchéité) du pneu.

Propos recueillis par Nicolas Rimbaux

Voir en ligne : http://solidaires37.org/spip.php++cs_INTERRO++ar...