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Publié : 10 mars 2016
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Évaluation des élèves : contre la territorialisation, contre le CCF, pour des alternatives émancipatrices

Dans une société divisée en classes sociales l’évaluation sert en dernier lieu à trier les élèves. On peut cependant aujourd’hui chercher des modalités d’évaluation moins violentes et moins discriminantes. Ce n’est pas le sens que prennent les réformes de l’évaluation que le ministère propose.

Le livret scolaire numérique, un outil de fichage et de contrôle

Les annonces d’une grande réforme de l’évaluation ont abouties à la mise en place d’un « livret scolaire numérique », qui suivrait les élèves de l’élémentaire au collège, et à une réforme du brevet des collèges dans la continuité de la réforme du collège et du socle commun de compétences et de culture.

Le ministère se félicite d’un livret qui serait plus simple que l’actuel LPC (Livret Personnel de Compétences), avec la réduction du nombre d’items, et plus facilement compréhensible par les familles. Certes, mais il s’agit toujours d’un « casier scolaire ». Il est même pire que le précédent puisqu’il intègre dans une même application le livret de compétences du socle commun et les bulletins périodiques des élèves, avec également des éléments de suivi des élèves en difficulté (PAP, PPRE, suivi RASED) ou à besoins particuliers (ULIS, UPE2A…).

Ce nouveau « livret scolaire numérique » répond donc parfaitement aux attentes du système capitaliste, pour lequel seuls le quantifiable et le mesurable comptent, afin de trier les élèves en leur attribuant une place dans la hiérarchie sociale, justifiant ainsi les inégalités. C’est également un parfait outil de contrôle à la fois des élèves et des enseignant-es.

En aucune façon il ne s’agit de créer les conditions d’une émancipation individuelle et collective, mais plutôt de créer l’isolement et la stigmatisation d’un individu au titre de ses résultats scolaires. De plus, si le ministère affirme que seules les familles auront accès à ces documents, l’inquiétude est légitime face à l’utilisation qui pourrait être faite de tels fichiers numériques.

Le brevet des collèges du socle commun

Le brevet des collèges est également réformé dans la continuité de la réforme du collège et du socle commun de connaissance et de culture (le nombre de points dépend de la maîtrise « insuffisante », « fragile », « satisfaisante » ou « très bonne ») tout en maintenant un examen final (avec quatre épreuves : un oral sur un projet EPI, un écrit mêlant français, histoire-géographie et enseignement moral et civique, un écrit mêlant maths, physique-chimie, SVT et technologie).

Cette nouvelle réforme ne questionne pas l’évaluation sur le fond. Elle en fait une nouvelle fois un outil de tri social, segmentant les apprentissages sans vision d’ensemble de ce que serait une éducation émancipatrice autorisant chaque élève à avoir son parcours, son rythme. Les outils d’évaluation doivent être construits par les enseignant-es dans le cadre de leurs pratiques pédagogiques pour faire progresser les élèves à leurs rythmes en s’appuyant sur les acquis et les recherches des pédagogies coopératives ; ce qui est incompatible avec les injonctions hiérarchiques.

L’impasse face à cette question de l’évaluation, que ce soit au cours de la scolarité comme pour la délivrance de diplômes nationaux, tient à la confusion entre l’évaluation et l’orientation des élèves qui lui est liée.

Les diplômes nationaux et l’égalité

Si le brevet est plus largement délivré, le baccalauréat est aujourd’hui un examen très discriminant : seul 71% d’une classe d’âge obtient un bac dont 35% un bac général. Tant que nous serons dans une société hiérarchisée, la question de la sélection se posera. Les modalités d’évaluation peuvent être plus ou moins violentes et discriminantes, elles servent toujours cette fin. Sans remise en cause du système de classes sociales, il ne peut pas y avoir de bonne réforme de l’évaluation et des diplômes.

Il n’en reste pas moins qu’en tant que syndicat de l’éducation de transformation sociale, il nous appartient de chercher ce qui permet à nos élèves d’échapper aux déterminismes sociaux, tout en luttant pour une réelle égalité.
Il est donc nécessaire de se demander, même dans le cadre de la société actuelle, quelles modalités d’évaluation favoriseraient au mieux l’émancipation de nos élèves ou a minima seraient les moins violentes et discriminantes à leur égard.

Il faut alors distinguer la question de l’évaluation dans le cadre de la classe et de la relation strictement pédagogique et celle à visée certificative, en lien avec l’orientation. Les deux questions sont en effet souvent confondues, particulièrement dans les réformes ministérielles pour lesquelles l’évaluation n’a qu’une visée de tri des élèves en vue de l’orientation.

Pour mettre en œuvre une évaluation moins maltraitante le chantier est immense (suppression des notes, évaluation formative…). Celle-ci e