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Par : D.R.
Publié : 4 mars 2016
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Le vers est dans le fruit

Le vers est dans le fruit

* Merdef, mon Amour. Le baisé qui tue.

De notre envoyé spécial, le Professeur Mottro. — Ces jours-ci la communauté scolaire des professeurs de LP d’Indre et Loire, a reçu un mail de la Secrétaire du MEDEF Touraine qui invite les professeurs à venir en stage dans les entreprises. Elle y affirme, notamment, que professeurs et patrons ont les mêmes objectifs auprès des jeunes  !

Jadis, quand un professeur de l’enseignement professionnel rendait visite à un élève en stage en entreprise , il était davantage perçu comme un empêcheur de tourner en rond que comme un collaborateur ayant les mêmes objectifs que le patron.

A présent, comme le change Boris Vian dans « la complainte du progrès », ce n’est plus pareil, ça change, ça change !... Nos élus politiques, nos gouvernants, à commencer par le premier d’entre eux, donnent l’exemple : « moi, j’aime l’entreprise » dit-il en août 2014 à l’université d’été du MEDEF . Il aurait pu dire : « moi, j’estime/je respecte l’entreprise » mais non ! Il lui a déclaré son amour. Amour à sens unique quand on voit, en 2016, les résultats du « pacte de responsabilité » ! Premier paradoxe donc !

Deuxième paradoxe maintenant , et non des moindres : jamais il ne s’est autant agi de
parler le « langage-éco » qu’à l’heure des crises économiques en Europe et dans le monde. « Un bon professeur doit bien gérer sa classe, soigner le capital relationnel avec ses élèves, veiller à un déficit d’image éventuel, et surtout : s’investir dans sont établissement pour être plus performant. !

L’école participe « naturellement » de ce « langage-eco », en particulier dans l’enseignement professionnel où les professeurs sont confrontés au désir des élèves d’entrer le plus vite possible dans le monde du travail tandis que , 3ème paradoxe, il est saturé de demandeurs d’emplois, de stagiaires, de contrats précaires..
Jadis, les professeurs pouvaient faire patienter les élèves, leur transmettre quelques connaissances, éveiller leur esprit critique, ne pas seulement former un ouvrier ou un employé utile (pour ne pas dire servile) au patron : le Bac pro est passé de 4 à 3 ans depuis 2005 , il s’est aligné sur le Bac général.
A présent, ce n’est plus pareil,