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Publié : 1er mars 2016
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Une tout autre école ? Oui, mais laquelle ?

Après de nombreuses et riches rencontres, le mouvement « Une tout autre école » (TAE), subdivision du mouvement citoyen « tout autre chose » (TAC), est en train de finaliser un Manifeste sur l’école (à lire ici). L’Aped, qui est partie prenante de TAE et TAC depuis leur naissance, a participé à plusieurs de ces débats. Et il se trouve que nous avons d’importantes divergences avec le projet de Manifeste. Suffisamment essentielles à nos yeux pour qu’elles justifient un débat public.

Dès la mise en route du mouvement TAE, l’Aped s’est réjouie car nous pensons aussi qu’il faut une tout autre Ecole. Lorsqu’il fut question d’un Manifeste soumis à signature, nous avons également applaudi des deux mains car nous croyons nécessaire d’unir nos forces sur une base claire. Et les premières ébauches de texte nous paraissaient prometteuses. Hélas, la version complète , certes encore provisoire, nous oblige à déchanter.

Bien sûr, tout est loin d’être mauvais dans ce texte. Il y a même du très bon. Ainsi, la volonté de contrer le discours dominant, de s’opposer à ceux qui critiquent l’Ecole actuelle sur une base néo-libérale est salvatrice. De même, la volonté de nous unir malgré nos différences correspond à un besoin. L’identification des trois « courants » - ceux qui luttent contre les inégalités ou contre le formatage ou pour une adaptation des contenus aux défis actuels - nous semble tout à fait correcte. Même si certains peuvent évidemment se retrouver à plusieurs endroits. Il faut en effet viser une alliance entre ces trois courants, c’est-à-dire entre ceux qui critiquent l’Ecole sur une base progressiste. De gauche diront certains (mais peut-être est-ce un pas trop loin pour d’autres ?).

Nous n’avons évidemment pas de problème lorsqu’il s’agit de « nous détourner d’un horizon sans lendemain ».

Fort logiquement, il est plus difficile de se mettre d’accord sur le souhaitable. Il n’est donc pas étonnant que des divergences puissent apparaitre lorsqu’il s’agit de « tendre vers un horizon désirable ». C’est pourquoi nous sommes d’accord avec l’assertion « il est à ce stade prématuré de vouloir décrire de manière détaillée cet horizon : c’est en nous mettant en marche vers lui, en discutant et expérimentant des pistes concrètes qu’il prendra des contours plus précis ». Dans ces conditions, il devrait en effet être envisageable de trouver des dénominateurs communs. Nous avons pourtant la désagréable impression en lisant ce texte que certains tiennent absolument à leurs « vaches sacrées ». Et certaines d’entre elles ne broutent pas une herbe qui nous convient.

Quelles sont donc les questions qui fâchent ?

A chaque fois qu’il est question de philosophie, on y associe la spiritualité. Or, la philosophie englobe les différents courants de pensée, les débats et contradictions entre eux. La spiritualité ne correspond qu’à une classe de réponses que certains apportent aux questions de sens. Une parmi d’autres. Pourquoi devrait-elle être privilégiée ? Espère-t-on sincèrement unir la gauche ou pour le moins les progressistes avec des phrases telles que : « l’idée est de partir des questions qui font débat dans la société en mobilisant les réponses disponibles dans diverses traditions philosophiques et spirituelles » ?

Les motivations évoquées pour justifier les cours de sciences nous paraissent tronquées. Certes, il s’agit d’interpréter le Monde. Mais les sciences sont aussi un outil de citoyenneté. Comment participer au débat sur la prolongation ou non des centrales nucléaires si on ne sait pas comment fonctionne un réacteur ?, ce qu’est un déchet nucléaire ?, les dangers de la radioactivité ? Comment prendre position sur les OGM si on ne comprend pas ce qu’est un gène ? De même, un certain relativisme transpire des considérations sur les sciences. Or, si les connaissances ont été établies dans un contexte donné, il est faux de laisser entendre que leur validité dépendrait forcément de ce contexte. La science est une des plus grandes conquêtes de l’esprit humain. C’est à partir d’