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Publié : 23 décembre 2009
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Motion d’orientation 2009.

Votée au congrès de SOLIDAIRES 37 (les 10 et 11 décembre 2009) par 96,70 % des mandats et la totalité des syndicats présents.


La crise, les mobilisations, les directions syndicales, les journées d’action, l’intersyndicale et nous…

Un contexte politique et social marqué par la crise économique.

1. L’élément dominant de la situation nationale et internationale est bien sûr l’irruption de la crise, d’abord
financière, puis économique. Ses causes sont au coeur du capitalisme.

2. C’est la même mécanique que nous trouvons au centre de toutes les crises de ce système : un engrenage où
chaque décideur et acteur économique réagit et prend des décisions en fonction de ses propres intérêts privés,
compromettant encore plus un équilibre général, qui ne pourrait résulter que d’une coopération universelle ayant le
souci de la collectivité, de l’intérêt de la majorité de la population, les travailleurs-euses. Derrière chaque crise se
cache le système qui la produit : le capitalisme.

3. Contrairement à tous ceux qui dénoncent aujourd’hui le « mauvais capitalisme bancaire » pour mieux célébrer le
« bon capitalisme d’entreprise », pour nous les deux sont inséparables. Il n’y a pas un bon et un mauvais
capitalisme. Le seul but du capitalisme, quel que soit le qualificatif qu’on lui accole, est depuis toujours la
production de profit maximum, au bénéfice du patronat, de la bourgeoisie et des actionnaires, indépendamment de
la satisfaction des réels besoins des populations.

4. Paradoxalement, cette crise nous met en meilleure position pour dénoncer ce système. Elle est la
démonstration concrète de l’incapacité du capitalisme à réguler l’économie dans les intérêts de l’immense majorité
de la population, les travailleurs. Elle conforte nos critiques et les revendications que nous portons, pour en finir
avec cette logique spéculative, constamment tournée vers le profit à court terme au bénéfice de quelques uns. Elle
renforce notre syndicalisme de transformation sociale.

5. Contrairement au discours ambiant et dominant, tout indique que cette crise globale, mondiale, du capitalisme
va durer et s’aggraver : chômage, stagnation (voire diminution) de la consommation, baisse de l’investissement
des entreprises, etc.

6. Le programme le plus cohérent dont disposent les bourgeoisies pour sortir de cette crise est connu : socialiser
les pertes en injectant de l’argent public dans les entreprises privées, accentuer les contre-réformes néolibérales
pour faire payer les travailleurs-euses, le tout couplé à un accroissement des mesures répressives contre le
mouvement ouvrier. La principale conséquence pour les populations sera une aggravation dramatique du
chômage et du sous emploi.

7. En France, la présidence de Sarkozy avait déjà accéléré toutes les attaques libérales, qui visaient un double
objectif, au service du patronat, conformément aux directives de l’OMC et aux préconisations d’un des accords
fondateurs de la marchandisation mondiale, l’AGCS (entériné conjointement par Chirac et Jospin au niveau
européen lors du sommet de Barcelone de 2002) :
- La réduction du coût du travail (blocage des salaires, destruction de code du travail, précarisation,
délocalisation et licenciement, temps partiel imposé) ;
- La recherche de nouveaux marchés avec la privatisation accélérée des services publics et la destruction de
nos systèmes de solidarité : retraites, sécurité sociale, au profit des grandes compagnies d’assurance.

8. La crise a eu deux effets contradictoires sur cette politique :
- D’une part elle a obligé le gouvernement à avoir un discours de façade moins « libéral » et à opérer une
intervention « étatique » (contraire au discours libéral). Mais cette intervention se fait contre les salariés, à coups
de centaines de milliards d’euros pour voler au secours du capital, qu’il soit financier (sauver les banques) ou
d’entreprise (sauver l’industrie automobile). On note que la contrainte exercée sur les banquiers et le système
financier pour compenser cette aide publique se cantonne à des déclarations d’intentions sur des problèmes à la
marge et elle est non assortie de moyens légaux et coercitifs.
- D’autre part elle sert aussi de justification supplémentaire au gouvernement et au patronat pour les mesures les
plus antisociales : licenciements, chômage partiel, réduction des dépenses publiques (suppressions de postes
massives dans les services publics), etc.

9. Pour pouvoir appliquer plus facilement cette politique antisociale, le volet sécuritaire s’amplifie afin de
criminaliser l’action sociale et syndicale, mais aussi la pauvreté qui augmente, à cause justement de cette politique
voulue par le grand patronat. Le contrôle social est plus que jamais à l’ordre du jour, ainsi que la mise au pas de
toutes les résistances.

Comment organiser la résistance pour aller vers la grève générale.

1. Les résistances face à la crise se multiplient et prennent souvent des formes radicales. Mais la stratégie
perdante d’accompagnement des directions des grandes organisations syndicales laisse le champ libre à
l’offensive du patronat et du gouvernement.

2. Pire, cette stratégie de freinage des luttes, la volonté de ne pas les coordonner, les journées d’action sans
lendemain, constituent le principal obstacle à la réalisation du « tous ensemble », à la construction de la grève
générale interprofessionnelle reconductible, nécessaire pour mettre en échec cette politique antisociale.

3. Il est de notre responsabilité de contrer cette stratégie perdante. Mais il ne suffit pas, bien sûr, que Solidaires
déclare que seule la grève générale nous fera gagner, que nous le répétions et l’expliquions pour qu’elle se
réalise.

4. Le poids des directions syndicales des grandes confédérations est encore bien trop fort pour que nous
puissions, seuls, le contrebalancer. Tout est donc question de tactique pour arriver à mettre en échec cette
influence.

5. Pour cela nous pouvons déjà nous appuyer sur la combativité de nombreux secteurs professionnels, dans le
public comme dans le privé, sur les équipes syndicales et les salariés en pointe, contre les plans de licenciements
qui se succèdent par exemple.

6. Notre tactique est d’essayer d’unifier
, pour être efficaces, ces équipes syndicales et ces salariés radicalisés,
souvent en opposition à leur propre direction syndicale confédérale, et ceux et celles, largement majoritaires,
encore sous l’influence des grandes confédérations.

7. Pour cela nous devons avancer sur nos deux jambes : d’un côté, continuer à dénoncer de façon pédagogique
l’impasse des orientations actuelles de ces directions qui démobilisent, de l’autre essayer de construire, sans
attendre ces directions, des cadres unitaires de réflexion, pouvant déboucher sur l’organisation d’initiatives
publiques, voire d’appel à mobilisation.

8. La dénonciation pédagogique passe, de fait, par l’interpellation des directions syndicales pour qu’elles fassent
leur boulot, qu’elles coordonnent les luttes, qu’elles expliquent la nécessité de la grève générale et qu’elles la
construisent, en nous appuyant sur ce qui s’est passé outremer, avec le LKP comme exemple.

9. Cette interpellation ne signifie aucunement que nous avons des illusions sur le fait qu’elles pourraient organiser
une telle grève. Cela a pour fonction, d’une part, de montrer où sont les responsabilités, d’autre part de nous lier
aux salariés encore sous la coupe de ces directions. La dénonciation pure et simple ne sert qu’à resserrer les
rangs autour de ces directions (le fameux effet de la « forteresse assiégée »), ayant donc l’effet inverse à celui
escompté.

10. Ne pas faire cette interpellation, c’est laisser ces directions à l’abri. Les interpeller, c’est les mettre au pied du
mur, avec les salariés qui leur font, eux, encore confiance. Ne pas avoir cette démarche, et en appeler seulement
à la base, aux travailleurs, dire uniquement : « c’est à vous de prendre les choses en main », c’est, de fait, rendre
ces mêmes travailleurs responsables de la non-mobilisation, à la grande satisfaction des directions syndicales.

11. A contrario, nous ne pouvons nous contenter de cette interpellation, et rester l’arme au pied, en attendant une
improbable réponse positive des directions. Nous devons, parallèlement à cette interpellation, essayer d’organiser
le plus unitairement les équipes et les salariés en rupture, toutes les bonnes volontés. Nous devons donc nous
adresser aux équipes syndicales et aux militants en désaccord avec leurs directions respectives pour construire un
cadre unitaire de réflexion et à terme, de mobilisation.

12. Ces collectifs unitaires doivent avoir comme objectif de tenter de créer les conditions concrètes d’une
mobilisation générale, tout en s’adressant aux directions, toujours pour se lier aux autres salariés mais également
pour ne pas apparaître comme une structure de plus, une structure de division (ce que ne manqueraient pas de
nous renvoyer les bureaucrates).

13. Et comme l’a réussi le LKP en Guadeloupe, nous devons aussi travailler à un rassemblement le plus large
possible.. Au delà, il s’agit de favoriser l’auto-organisation et participer à ce que se rassemblent syndiqué-es, non
syndiqué-es, travailleurs-euses, chômeurs-euses, précaires, retraité-es , étudiants-es .. C’est également une
condition du possible succès, et en tout cas une condition pour un rapport de force qui nous soit favorable.

14. De plus, l’existence, ne serait ce que du début d’un tel cadre unitaire, serait un appui pour nous, dans nos
relations et notre rapport de force avec les autres organisations syndicales, pour peser sur les débats qui les
traversent.

15. Cette démarche nous semble être le passage obligé, prenant en compte la réalité du mouvement ouvrier, pour
oeuvrer concrètement à favoriser la possibilité et les conditions pour la réalisation de la grève générale, et pas
simplement à son incantation.

16. Si la question de la rupture avec le système capitaliste est nécessaire, l’absence de projet de société peut
expliquer une forme de passivité, et pèse sur le sens des luttes et le manque d’offensive globale. Nous devons ,
parce que nous nous réclamons du syndicalisme de lutte et de transformation sociale, nous approprier ces
questions liées au projet de société. D’ores et déjà et en terme d’objectifs cela passerait par la socialisation des
moyens de production et les services, la gestion collective et la démocratie directe, l’égalité économique et sociale.

Voir en ligne : http://solidaires37.org/spip.php++cs_INTERRO++ar...