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Publié : 6 octobre 2015
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La CPU, une catastrophe maintes fois annoncée.

Ce vendredi 11 septembre avaient lieu, dans mon école, les délibérations pour des élèves en 6ème technique option esthétique. Ces élèves ont en fait le « privilège » d’être les premières victimes d’un système défaillant : la certification par unités d’acquis d’apprentissage. [1]Ce dispositif a pour objectif principal de valoriser les acquis des élèves tant dans la formation générale que dans la formation qualifiante. Mais il y loin de la coupe aux lèvres...

La valorisation des acquis plutôt que la sanction des échecs est, à mon sens, le seul point positif de la CPU. Ainsi, tout au long de la 5ème et de la 6ème année, l’élève capitalise (ou pas) des unités d’acquis d’apprentissage (UAA) qui figureront sur son « Passeport CPU ». Il n’est donc plus question de redoublement. À la fin de la 6ème, s’il n’a pas acquis toutes les unités, l’élève est « invité » à compléter sa formation lors d’une année au nom intergalactique : la 6C3D (6ème complémentaire – troisième degré).

Sur le papier, tout semble donc assez simple, mais la pratique est tout autre et l’application du décret CPU [2] s’avère être une véritable catastrophe !

Les rapports de compétences

Tout d’abord, parlons des UAA. Celles-ci sont organisées pour les cours d’options [3] mais sont encore inexistantes pour les cours généraux ! Expliquez-moi donc comment je peux faire valider, en tant que professeur de français, des unités qui n’existent pas ?

Pour pallier ce manque, chaque professeur de cours généraux est tenu de cocher les compétences acquises par ses élèves dans une grille fournie par le pouvoir organisateur et glissée dans le bulletin de l’élève.

La démarche semble cohérente, mais l’histoire ne s’arrête pas là. En effet, pour assurer une certaine uniformisation entre tous les professeurs de français dans le PO, une grille de compétences a été établie, en tout hâte, par un enseignant désigné par la direction générale. Aucune concertation n’a pu être possible. De plus, la grille, qui ne correspond pas vraiment aux cours que j’ai donnés nous a été transmise mi- juin, après l’examen.

Cette disparité entre grille s’explique aisément : les compétences terminales du cours de français sont très nombreuses et, je ne l’en blâme pas, l’enseignante chargée de la constitution de la grille a mis en avant les compétences correspondant à son cours. Ainsi, une élève n’ayant pas acquis certaines compétences dans mon cours n’a, selon la grille prédéterminée, aucune lacune !

Mon cas n’est pas isolé puisque de nombreux collègues se retrouvent dans l’impossibilité de remplir cette grille et, tout comme moi, cochent des compétences à peine abordées car vous comprenez bien qu’on ne peut pas laisser les élèves partir avec un rapport quasi vide.

Cette situation consternante aurait certainement pu être évitée si, tout comme nous le proclamons depuis déjà 4 ans, le processus de la CPU avait été évalué explicitement lors de la phase expérimentale. Nous, professeurs de terrain confrontés à la CPU depuis 2011, avons tenté d’alerter tant le syndicat que les différentes ministres en charge de l’enseignement [4], pour nous entendre dire que tout était cohérent et que le dispositif fonctionnait correctement. Pourquoi avoir mis en place un processus déjà défaillant en phase expérimentale ?

Cette précipitation est très certainement liée à l’obtention de subsides européens [5] puisque cette réforme profonde du 3ème degré qualifiant s’insère dans le processus européen de « formation tout au long de la vie » (celle qui responsabilise si bien les apprenant