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Publié : 31 août 2015
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Qu’as-tu appris à l’école ?

L’ouvrage que Nico Hirtt, Jean-Pierre Kerckhofs et Philippe Schmetz publient en ce mois de septembre 2015 aux éditions Aden est un jalon important dans l’histoire de l’Aped. Sous le titre « Qu’as-tu appris à l’École ? », ils synthétisent vingt années de réflexion et de débats sur ce que signifie une vision progressiste de l’instruction et de l’éducation. A quoi doit servir l’École dans ce monde en crise(s) profonde(s) ? Simple mais vaste question, qui méritait une réponse à la fois forte et approfondie.

Plus que jamais, l’enseignement est l’objet de débats acharnés. D’un côté, les nostalgiques de l’École de Bon Papa, pour qui toute réforme s’apparente à une trahison, toute démocratisation à un « nivellement par le bas ». En face, ceux qui estiment, parfois bien imprudemment, que l’école doit s’adapter à une société en évolution rapide ; ils veulent abandonner la « forme scolaire » classique, avec ses programmes de savoirs disciplinaires structurés, au profit d’un enseignement plus informel et plus individualisé, centré sur l’exercice des « compétences » et de la flexibilité. Entre ces deux camps, il y a les champions du réalisme et du consensus, les troupes de choc des cabinets ministériels, ceux qui promettent la révolution dans la continuité, le grand chambardement sans rien changer, l’École de l’excellence qui fera plaisir à tout le monde.

Mais une question essentielle reste systématiquement en dehors du débat : à quoi sert l’École ? Nul ne l’aborde, parce que tous considèrent la réponse comme évidente : nous envoyons les enfants à l’école afin qu’ils s’intègrent le mieux possible dans notre société ou, pour le dire autrement, afin que cette société fonctionne le mieux possible.

Les auteurs de cet ouvrage estiment qu’il faut prendre l’exact contre-pied de cette apparente évidence. La société actuelle nous entraîne tout droit vers des catastrophes sociales, environnementales, climatiques, économiques, culturelles et guerrières. L’éducation ne devrait donc pas viser à préserver cette société mais armer les jeunes pour la changer. L’École ne doit pas empêcher les jeunes de se révolter ; mais elle doit leur donner les moyens intellectuels de le faire autrement que par le Jihad en Syrie ou par la fuite dans drogue.

Cette conception éducative, visant à favoriser une citoyenneté résolument critique et active, est analysée ici dans toutes ses implications : en quoi se distingue-t-elle radicalement des autres discours sur l’éducation ? Quelles connaissances, quels savoir-faire, quelles valeurs implique-t-elle de transmettre et de développer ? Quelle place réserve-t-elle à une formation polytechnique ? Quelles pratiques pédagogiques suppose-t-elle ? Quelles transformations de la « forme scolaire » classique impose-t-elle ?

Depuis vingt ans qu’existe l’Aped, nous n’avons eu de cesse de stigmatiser les évolutions néfastes de l’École : les inégalités sociales, la dérive marchande, le sacrifice des savoirs aux compétences, la citoyenneté moutonnière, les conditions de travail dégradées des professeurs, le définancement,… Mais nous ne nous sommes pas contenté de formuler des critiques. Nous avons produit des projets de réformes, nombreux, audacieux : consacrer au moins 7% du PIB à l’Éducation, fusionner les réseaux, proposer une école au lieu d’attendre que les parents la choisissent, l’école commune jusqu’à 16 ans, l’école ouverte le soir, les week-end, un moratoire sur l’ « approche par compétences », des classes de 15 élèves en début de scolarité, etc.

Mais il y a encore plus important que ces questions « techniques ». Les structures du système éducatif, son mode d’organisation et de pilotage, le financement, les méthodes pédagogiques,… tout cela n’a de sens qu’en fonction d’une question éminemment plus fondamentale et pourtant si rarement posée : à quoi sert l’école ? Et cette deuxième question, qui en découle directement : que faut-il enseigner ? Quels savoirs, quels savoir-faire, quelles valeurs, quelles règles de comportement, l’École doit-elle transmettre ?

Ces questions ont toujours figuré au coeur de la réflexion politico-éducative de l’Aped. Le présent ouvrage en propose une synthèse. Ce faisant, les auteurs n’ont évidemment pas la prétention de clore le débat sur l’École ; ils veulent au contraire l’ouvrir enfin sur les questions essentielles.

Voir en ligne : http://www.skolo.org/spip.php++cs_INTERRO++artic...