local : MAISON DES SYNDICATS
18 rue de l'Oiselet   -   La Camusière
37550    Saint Avertin
local :  02.47.85.11.15
portable : 07 81 55 42 14

 courriel : sudeduc37@gmail.com

Publié : 20 juillet 2013
Format PDF Enregistrer au format PDF

Rentrée 2013 : des mesures insuffisantes et ambiguës face à la précarité étudiante


Rentrée
2013 : des mesures insuffisantes et ambiguës face à la précarité
étudiante



 
Les décisions
ministérielles sont tombées : les bourses seront progressivement
"réformées". Le Ministère a décidé ainsi de créer un
échelon 7 de bourses (550 euros par mois) et un échelon 0 bis (100
euros par mois). Mais, en parallèle, il a décidé d’une
augmentation des frais d’inscription réglementaire, des frais de
Sécurité sociale, des frais de médecine préventive et du ticket
RU. Ces augmentations vont de 1,5% à 2% à la rentrée et
concerneront la quasi-totalité des étudiants. Le ticket RU prend
encore 5 centimes : en 3 ans, le prix du ticket RU a augmenté de 10%
 ! Dans le même temps des "bourses départementales" aux
étudiant-e-s sont supprimées comme dans l’Aisne. Si la réforme des
bourses constitue une mesure d’urgence pour les étudiants les plus
précaires, c’est avant tout un coup de communication.

Le
constat est clair : la précarité des étudiant-e-s est une réalité
criante. Le "coût de la vie augmente", les revenus
diminuent, les étudiant-e-s se salarient de plus en plus, notamment
pour financer leurs études, avec des temps d’emploi de plus en plus
longs... Et tout ceci n’est pas sans avoir des conséquences
désastreuses sur la réussite des étudiant-e-s, notamment ceux et
celles issu-e-s des classes populaires, de moins en moins
nombreux-se-s dans l’enseignement supérieur. Rappelons que les
étudiant-e-s salarié-e-s ont un taux de réussite en moyenne deux
fois inférieurs aux non salarié-e-s.

La
réponse gouvernementale est insuffisante. Si l’échelon 0 est une
invention statistique pour augmenter artificiellement le nombre de
boursier-e-s à peu de frais, seul-e-s 55.000 étudiant-e-s à
l’échelon 0 aujourd’hui (sur 135.000) recevront désormais une
bourse (échelon 0 bis" : une bourse bien maigre qui ne pourra
résoudre le problème de l’augmentation des "emplois étudiants"
comme l’affirme le ministère et l’UNEF. Le nombre de boursier-e-s
aidé-e-s augmentent certes (de 10%) mais pas le nombre total de
"boursier-e-s" ( 1,6%) : rappelons que sur plus de 2,3
millions d’étudiant-e-s, 650.000 sont boursier-e-s et seulement
550.000 reçoivent une aide. L’"échelon 7", quant à lui,
ne fait qu’apporter un "coup de pouce" (bien pratique
certes) à 30.000 étudiant-e-s déjà à l’échelon 6 ( 80 euros par
mois). Mais, à l’inverse, et contrairement à 2012, les bourses ne
sont même pas revalorisées : les augmentations (1% environ voir
moins selon les échelons) suivent à peine l’inflation. Ainsi le
gouvernement économise plusieurs dizaines de millions d’euros en ne
revalorisant pas les bourses. Enfin les allocations individuelles,
tant vantées par l’UNEF, existent de fait déjà au sein du Fond
National d’Aide d’Urgence et ne concernent que 0,4% des étudiant-e-s.
En bref le gouvernement fait une réforme à peu de frais.

Le
gouvernement, qui se prétendait du "changement", refuse,
comme l’an dernier et comme ses prédécesseurs avant lui, de prendre
sérieusement en compte la réalité de la précarité. Il alterne
mesures insuffisantes et mesures contreproductives en préférant
agir sous le bon conseil des mutuelles étudiantes privées,
soucieuses de leurs marges commerciales, et des présidents
d’universités qui souhaitent augmenter leurs "fonds propres".

C’est
une nouvelle démonstration de la continuité de la politique
gouvernementale avec les précédents gouvernements. La Loi Fioraso,
définitivement votée, conserve la scélérate loi LRU et l’empire
sur de nombreux points. En parallèle, le gouvernement poursuit la
privatisation rampante des CROUS en leur imposant des logiques de
rentabilité, dans la continuité du projet "CROUS 2020".
Au lieu d’être financés selon les besoins réels des étudiant-e-s
en termes de logement ou de restaura