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Publié : 20 juillet 2013
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Rentrée 2013 : des mesures insuffisantes et ambiguës face à la précarité étudiante


Rentrée
2013 : des mesures insuffisantes et ambiguës face à la précarité
étudiante



 
Les décisions
ministérielles sont tombées : les bourses seront progressivement
"réformées". Le Ministère a décidé ainsi de créer un
échelon 7 de bourses (550 euros par mois) et un échelon 0 bis (100
euros par mois). Mais, en parallèle, il a décidé d’une
augmentation des frais d’inscription réglementaire, des frais de
Sécurité sociale, des frais de médecine préventive et du ticket
RU. Ces augmentations vont de 1,5% à 2% à la rentrée et
concerneront la quasi-totalité des étudiants. Le ticket RU prend
encore 5 centimes : en 3 ans, le prix du ticket RU a augmenté de 10%
 ! Dans le même temps des "bourses départementales" aux
étudiant-e-s sont supprimées comme dans l’Aisne. Si la réforme des
bourses constitue une mesure d’urgence pour les étudiants les plus
précaires, c’est avant tout un coup de communication.

Le
constat est clair : la précarité des étudiant-e-s est une réalité
criante. Le "coût de la vie augmente", les revenus
diminuent, les étudiant-e-s se salarient de plus en plus, notamment
pour financer leurs études, avec des temps d’emploi de plus en plus
longs... Et tout ceci n’est pas sans avoir des conséquences
désastreuses sur la réussite des étudiant-e-s, notamment ceux et
celles issu-e-s des classes populaires, de moins en moins
nombreux-se-s dans l’enseignement supérieur. Rappelons que les
étudiant-e-s salarié-e-s ont un taux de réussite en moyenne deux
fois inférieurs aux non salarié-e-s.

La
réponse gouvernementale est insuffisante. Si l’échelon 0 est une
invention statistique pour augmenter artificiellement le nombre de
boursier-e-s à peu de frais, seul-e-s 55.000 étudiant-e-s à
l’échelon 0 aujourd’hui (sur 135.000) recevront désormais une
bourse (échelon 0 bis" : une bourse bien maigre qui ne pourra
résoudre le problème de l’augmentation des "emplois étudiants"
comme l’affirme le ministère et l’UNEF. Le nombre de boursier-e-s
aidé-e-s augmentent certes (de 10%) mais pas le nombre total de
"boursier-e-s" ( 1,6%) : rappelons que sur plus de 2,3
millions d’étudiant-e-s, 650.000 sont boursier-e-s et seulement
550.000 reçoivent une aide. L’"échelon 7", quant à lui,
ne fait qu’apporter un "coup de pouce" (bien pratique
certes) à 30.000 étudiant-e-s déjà à l’échelon 6 ( 80 euros par
mois). Mais, à l’inverse, et contrairement à 2012, les bourses ne
sont même pas revalorisées : les augmentations (1% environ voir
moins selon les échelons) suivent à peine l’inflation. Ainsi le
gouvernement économise plusieurs dizaines de millions d’euros en ne
revalorisant pas les bourses. Enfin les allocations individuelles,
tant vantées par l’UNEF, existent de fait déjà au sein du Fond
National d’Aide d’Urgence et ne concernent que 0,4% des étudiant-e-s.
En bref le gouvernement fait une réforme à peu de frais.

Le
gouvernement, qui se prétendait du "changement", refuse,
comme l’an dernier et comme ses prédécesseurs avant lui, de prendre
sérieusement en compte la réalité de la précarité. Il alterne
mesures insuffisantes et mesures contreproductives en préférant
agir sous le bon conseil des mutuelles étudiantes privées,
soucieuses de leurs marges commerciales, et des présidents
d’universités qui souhaitent augmenter leurs "fonds propres".

C’est
une nouvelle démonstration de la continuité de la politique
gouvernementale avec les précédents gouvernements. La Loi Fioraso,
définitivement votée, conserve la scélérate loi LRU et l’empire
sur de nombreux points. En parallèle, le gouvernement poursuit la
privatisation rampante des CROUS en leur imposant des logiques de
rentabilité, dans la continuité du projet "CROUS 2020".
Au lieu d’être financés selon les besoins réels des étudiant-e-s
en termes de logement ou de restauration, les CROUS seront financés
selon leur rentabilité et leur capacité à trouver d’autres
sources de financements que les fonds publics. Les CROUS ne se gênent
pas pour augmenter leurs loyers, réduire la taille des repas aux RU,
augmenter tous les prix non réglementés au niveau national
(cafétérias CROUS par exemple). Les avantages au logement privé
(caution solidaire, système Lokaviz...) sont maintenus, transformant
le CROUS en agence immobilière. Est-il utile de rappeler les dérives
nombreuses du logement privé : loyers excessifs, "marchands de
sommeil", logements insalubres, agences "vendeuses de
listes"... La restauration privée, qui s’implante désormais
dans certains campus, n’hésite pas à pratiquer des prix de plus en
plus élevés.

Comme
sous le gouvernement précédent, certaines organisations étudiantes
se contentent de quelques toilettages : échelon 0 sous Jospin, 10ème
mois de bourses sous Sarkozy, échelon 0bis et 7 sous Hollande. En
parallèle, elles acceptent sans broncher la destruction des services
publics et notamment des CROUS, aujourd’hui ignorée de toutes celles
et ceux qui prétendent combattre la précarité étudiante. Mais, à
la veille d’un mouvement social contre la nouvelle casse de nos
retraites, le gouvernement ne cherche-t-il pas à acheter le silence
de l’Unef ?

Nous
ne cessons de répéter que c’est le climat d’exclusion, la mise
en concurrence des étudiant-e-s et des universités entre eux-elles,
la privatisation rampante, la course à l’« excellence », la
sélection sociale, la professionnalisation des filières qui amènent
un grand nombre d’étudiant-e-s à abandonner leurs études en
cours de route ou à renoncer à s’inscrire. La réponse doit être
pécunière, mais pas seulement, elle passe aussi par des services
publics de solidarité. Il est clair que compte-tenu de la situation,
seul un mouvement social d’ampleur pourra faire changer la donne et
permettre aux étudiant-e-s de faire passer leurs revendications.
Alors que le gouvernement s’attaque aux retraites et, de manière
globale, à la Protection sociale, c’est ensemble, étudiant-e-s,
salarié-e-s, retraité-e-s, privé-e-s d’emploi et lycéen-ne-s, que
nous lutterons.

Face
à l’urgence sociale, des solutions véritablement ambitieuses
existent. Solidaires Etudiant-e-s exigent :

-La
gratuité totale de l’enseignement supérieur, principe
constitutionnel en France, avec la disparition des frais
d’inscription, y compris dans les établissements publics à statut
dérogatoire ;

-Le
retour à un financement paritaire du ticket RU par l’État ;

-L’intégration
de la sécurité Sociale étudiante à la Sécurité sociale générale
avec intégration des personnels et avec des cotisations symboliques,
afin de soustraire la santé étudiante de la sphère marchande des
mutuelles privées ;

-Un
plan massif de construction et de réhabilitation de logements
étudiants publics dignes et à bas loyer afin de répondre à la
crise du logement, ainsi que la réquisition des logements vides ;

-L’augmentation
massive, en nombre et en montant, des bourses sur critères sociaux,
versées de manière régulière, sur 12 mois, avant d’instaurer un
revenu pour tou-te-s les étudiant-e-s se déclarant fiscalement
indépendant-e-s de leurs parents, financé par les cotisations
sociales ;

-L’abrogation
du "Projet CROUS 2020".

-118
millions : ça a l’air beaucoup..., mais c’est beaucoup trop peu.

Rapporté
au nombre d’étudiant-e-s total, c’est 50 euros par étudiant-e- sur
l’année ;

-C’est
seulement 0,5 point de % de boursier-e-s (échelon 0 inclus) en plus
 : on passe de 27,6 à 28% de boursier-e-s en France ;

-C’est
2,7 points de % de boursier-e-s aidé-e-s en plus : on passe de 22 à
24,7% ;

-C’est
seulement 85 000 étudiant-e-s c’est-à-dire 13,2% des boursier-e-s
qui reçoivent plus c’est-à-dire à peine 3,7% des étudiant-e-s .

Porte-parolat :
06 86 80 24 45

Solidaires
Étudiant-e-s

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