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Publié : 11 juillet 2013
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Familles à la rue : Mais comment faut-il le dire pour être entendus ?

L’Association Chrétiens-Migrants et le Réseau Education Sans Frontières d’Indre-et-Loire (RESF37) communiquent :
Familles à la rue : Mais comment faut-il le dire pour être entendus ?

Voici des mois et des mois que nous tirons la sonnette d’alarme, par des courriers répétés aux collectivités territoriales et à la Direction Départementale de la Cohésion Sociale et de la Protection des Populations (oui, c’est bien ainsi que se traduit le sigle DDCSPP, qui ne protège pas grand monde, et surtout pas les plus démunis !)
Nous multiplions les communiqués.
Nous participons aussi aux alertes auprès des citoyens, par des actions sur la voie publique avec les organisations signataires de la plateforme « Un toit, c’est un Droit ! De vrais logements, maintenant ! »

Mais les lettres, les tracts et les articles de presse, qui s’en soucie ?Qui les connaît, ces personnes qui sont à la rue, ou que l’on parque dans des hôtels sordides où elles s’entassent à 8 par chambre, de jeunes enfants, des nourrissons parfois, des malades ?

Anonymes, les sans abri n’existent pas. Alors voici les noms et les prénoms de ces hommes, de ces femmes et de ces enfants. Pas tous les noms. Nous nous limitons pour l’heure à une liste de 4 familles pour lesquelles nous avons alerté de façon spécifique et répétée la municipalité de Tours et son CCAS. Ces instances nous ont assurés qu’elles faisaient le maximum auprès de la DDCSPP pour les mettre à l’abri… et rien n’est encore fait !

Dusan BEITULA, son épouse Alije et leur fils Bizo, qui vient de terminer ses années de collège et doit poursuivre en Lycée à la rentrée de septembre. Récemment arrêtés par la police alors qu’ils sont en procédure de réexamen de leur demande d’asile, libérés le 4 juillet par le Tribunal Administratif d’Orléans, munis d’autorisations de séjour, la DDCSPP doit leur trouver un hébergement ! Quand ?

Afrim SABANI, son épouse Anifa et leurs 4 enfants, Kajs, 10 ans, Gardijan, 8 ans et ½, Leila, bientôt 6 ans, et Dalya, bientôt 5 ans. Leur père est en situation régulière, il a le droit de travailler… mais aucun logement pour cette famille. Jusqu’à quand ?

Amar NAMOYAN, sa femme Marianne JALILIAN, Mraz, bientôt 9 ans, Kalash, 4 ans, et Diana, 3 ans ½. Les parents sont demandeurs d’asile. Tous les soirs, ils font le 115. Deux fois sur trois, il n’y a rien pour eux. Ils se réfugient où ils peuvent, dans des halls d’immeubles, ou à l’hôpital, où ils restent assis sur des chaises toute la nuit. Ils vont « tenir » jusqu’à quand ?

La dernière famille de cette liste très très partielle, c’est la famille de Vladimir Jasarevic et son épouse Dalija Bejtula, pour qui nous nous sommes rassemblés vendredi 5 juillet devant la Préfecture pour que cesse la menace d’expulsion vers le Kosovo où, en tant que Roms, ils subiront à nouveau discriminations et persécutions. Un logement décent s’impose pour les parents et leurs 6 enfants Ramo, 14 ans, collégien, ses frères Seit, 12 ans, et Lecir, 9 ans, écoliers en primaire ; leur sœur Fatima, 5 ans, en école maternelle. La petite Devaira, 3 ans ½ et l’aînée Vésira, 16 ans, gravement handicapée, ne sont pas scolarisées.
Pour eux, qui vivent dans l’angoisse permanente d’une expulsion vers le Kosovo, un logement décent, c’est pour quand ?

Cette liste comprend 22 noms… mais ce sont 60 à 70 personnes qui, chaque soir, sont laissées dehors par le 115, et parmi elles une quinzaine d’enfants. Dans une ville dont la statistique officielle nous dit qu’elle comporte plus de 600 logements vides habitables immédiatement, cette situation est une atteinte à la justice, au bon sens, à l’humanité.

Voir en ligne : http://resf37.free.fr/spip.php/plug...